Faits divers La DH a suivi une personne à mobilité réduite en train. Récit d’une aventure qui a duré près de deux heures au lieu de 19 minutes.

13 h 13. L’IC 2413 arrive à Bruxelles-Nord. Nino, qui sort tout juste d’une formation de trois jours dans le centre-ville, fait signe au conducteur. "Il va peut-être prévenir le contrôleur." Nino sait déjà que monter à bord va être compliqué : la différence de hauteur entre le quai et la porte du train est de 76 cm. Ni une ni deux, cet ancien pilote se lance sur le quai et interpelle des passagers pour l’aider. Premier accroc avec une navetteuse. "Vous savez, il faut réserver l’assistance à l’avance pour monter". Nino est au courant. 24 heures dans 131 gares. Trois heures dans 18 stations plus importantes. 24 heures aussi s’il doit prendre une correspondance. Ce jeune papa, qui s’est retrouvé en chaise roulante il y a six ans, avait appelé samedi dernier pour introduire des demandes pour ces 12 trajets de lundi, mardi et mercredi. L’assistance lui a été refusée à cause de sa correspondance.

13 h 20. Changement à Bruxelles-Schuman. Pas de chance : le train qu’il doit attraper pour se rendre à Bordet, PANG (point d’arrêt non gardé) près de son domicile, ferme ses portes. Le prochain arrive dans quelques minutes.

13 h 26. Le train pour Bordet débarque voie 3. Mais avec encore 76 cm d’écart et un quai quasiment vide de passagers, impossible de grimper à bord. Comme la situation pourrait perdurer, Nino va trouver une employée de la SNCB. Embarassée, celle-ci se montre réticente à l’aider. La gare de Schuman n’est pas homologuée pour accueillir les personnes à mobilité réduite. D’ailleurs, aucune PMR n’est censée y embarquer… Ou y débarquer. Nino connaît la chanson : chaque fois qu’il veut passer par là, c’est la même rengaine. "Il y a quelques jours, un chef de gare m’a même proposé d’aller jusque Malines puis de faire demi-tour pour retourner vers Bordet au lieu de me laisser descendre à Schuman. Soit 45 minutes en plus et un tarif supplémentaire parce qu’on sort de la région bruxelloise." Cette proposition était toutefois une exception. "De manière générale, le personnel est super. Ils se décarcassent pour trouver des solutions et font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Le problème, ce n’est pas eux. Tout comme le problème, ce n’est pas mon handicap mais bien les choix posés par la SNCB. Sur papier, les choses sont accessibles : il y a des ascenseurs, donc un quai est accessible. Mais l’assistance n’est pas proposée dans cette gare. Ou l’inverse", dit-il, les sourcils froncés.

13 h 38.

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