Faits divers Voilà la polémique que lancent des spécialistes sécurité sur cet exercice très flamand-flamand.

Des spécialistes bruxellois francophones sont pour le moins perplexes après l’exercice de plan d’urgence organisé samedi après midi à Brussels Airport.

Dans le scénario qui servait de base à cet exercice obligatoire tous les deux ans, c’est un accident grave touchant un avion de ligne, avec morts et blessés, qui était simulé. L’exercice n’était donc en rien lié aux attentats survenus dans l’aérogare le 22 mars 2016.

Selon le scénario, un avion, transportant des produits dangereux en plus de son kérosène, des produits "toxiques, chimiques et explosifs", avait heurté le terminal T du Pier A, faisant des morts et des blessés.

L’appareil ainsi que le Pier A devaient être entièrement évacués. Quelque 250 personnes participaient à l’exercice, dont cent figurants qui jouaient les victimes.

La simulation ne devait avoir aucun impact sur les passagers présents à l’aéroport national.

Le choix ainsi s’était porté sur un samedi entre 14 et 16 heures, un créneau horaire où le trafic est fortement réduit. La piste 25 droite a été fermée. Tout le trafic s’est fait en piste unique 19.

Bilan ? En un, on a pu observer sur place qu’aucune instruction relative aux secours n’a été faite en français. La communication s’est faite… uniquement en néerlandais.

Deuxième questionnement après celui du linguistique : il n’a pas été fait appel à la Croix Rouge de Belgique. Uniquement à la… Vlaamse Kruis.

Trois ? Il n’a pas non plus été fait appel aux pompiers de Bruxelles, uniquement à ceux de l’aéroport et ceux de Vilvorde. Les mêmes remarques critiques avaient déjà été formulées lors du précédent exercice à Brussels Airport, en 2015 : il n’avait pas non plus été fait appel aux pompiers bruxellois ni aux Cliniques universitaires Saint Luc pourtant proches, pas davantage qu’après les attentats du 22 mars où l’on avait fait intervenir les hôpitaux (plus distants) de Vilvorde et Leuven.

Quatre : l’exercice d’hier était une nouvelle fois organisé aux abords de la piste 25, et pas d’une des pistes 01, 19 ou 07 que les secours, à force de s’entraîner constamment sur la 25, connaissent moins ou pas.

Or les précédents exercices pointaient une méconnaissance par les secours des configurations de pistes et des accès aux autres pistes que la 25 droite. Les secours ne savaient pas comment accéder pour un accident sur le seuil de la piste 01 et ne connaissaient pas les lieux de la piste 01.

Ensuite, il y a la question des grilles d’accès (et des cadenas !) aux trois autres pistes. Puis, la question des bouches et bornes d’incendie mal localisées ou cachées par les herbes hautes.

Enfin, il est d’autant plus incompréhensible de persister à faire ces exercices aux abords de la 25 que les deux derniers accidents connus à Zaventem n’ont pas impliqué cette piste 25, mais la piste de décollage 19 en février 1961 (le Boeing 707 de la Sabena, 75 tués) et mai 2008 (le 747 de Kalitta, appareil détruit sur place).

"Il faut faire des exercices de simulation à d’autres endroits que hier autour des terminaux et de la piste 25 droite", concluent plusieurs spécialistes en sécurité du secteur aérien.