Faits divers

Un jeune dealer relaxé, faute de place selon le juge. "Faux", répond la ministre Fonck

CHARLEROI Un juge de la jeunesse de Charleroi a relaxé mercredi un dealer de 15 ans, pincé alors qu'il tenait un coffee-shop à Jumet. Les centres d'accueil fermés étant au complet, le magistrat n'aurait eu d'autre solution que de rendre la liberté à ce jeune Marocain, amené en Belgique par une filière et forcé à dealer par ses passeurs.

Évidemment, cette libération a engendré la colère des policiers qui l'ont arrêté, ainsi que du parquet de la jeunesse. Pourtant, selon la ministre de l'Aide à la jeunesse pour la Communauté française, Catherine Fonck, des places étaient encore libres en IPPJ. "Le centre ouvert de Jumet aurait pu accueillir l'adolescent", explique Thierry Vanderhaege, attaché de presse de la ministre. "Ce n'est pas un site fermé, mais c'est mieux que la rue. D'autant qu'il n'est pas question de sortir de là sans l'autorisation des éducateurs."

Pour le parquet de Charleroi, l'intention du juge était de placer le jeune délinquant en centre fermé. "Il faut agir de façon constructive", explique la substitute Vairon. "On ne peut placer un jeune étranger, sans attache et dealer, dans un centre ouvert. À la moindre occasion, il disparaît dans la nature."

D'autant que le centre de Jumet ne se trouve qu'à quelques centaines de mètres du coffee-shop qu'il tenait. Vu sa situation précaire, il serait aisé pour ses exploitants de l'embrigader à nouveau.

Autre solution proposée par le cabinet Fonck : l'orientation vers une institution spécialisée pour les Mena, les Mineurs Étrangers Non Accompagnés. "Ce mercredi, il restait justement quatre places dans l'un de ces centres", poursuit Thierry Vanderhaege. "Nous sommes ici dans un cas typique de traite des êtres humains et le directeur était tout à fait prêt à l'accueillir."

Restait à être au courant que de tels organismes n'affichaient pas complet. Pour cela, il suffisait sans doute de téléphoner à la Cellule d'information, d'orientation et de coordination de Wauthier-Braine. Mais il semble que les juges aient l'habitude d'appeler directement les IPPJ. Soit.

Le problème est plus profond : un jeune étranger, forcé à dealer par ses passeurs, doit-il finalement être traité comme un délinquant ou comme une victime ?



© La Dernière Heure 2007