Faits divers

Richissime français, Rachid Nekkaz a payé hier le PV d’une jeune fille en niqab. “Au nom de la liberté !”, a-t-il proclamé

SCHAERBEEK 62 € (50 d’amende et les frais de rappel). C’est la somme dont s’est acquitté, hier, à Schaerbeek, Rachid Nekkaz. Le businessman français s’échinait de la sorte à voler au secours d’une soi-disant liberté d’expression.

Flash back. Le 17 août 2011, le millionnaire d’Outre-Quiévrain déboule à Saint-Josse. Pour la première fois, le bonhomme fait parler de lui chez nous. Comment ? Il paie deux amendes tombées sur le râble de mineures portant le voile intégral.

Bis repetita, hier, donc. En sanctionnant de la sorte la jeune femme de 19 ans qui, le 22 août dernier, sortit affublée d’un niqab (un apparat noir geai de la tête aux pieds et empêchant toute tentative d’identification), la Belgique (qui, le 23 juillet 2011 interdit ce port de même que celui de la burqa dans les lieux publics), profère-t-il, “met la liberté des jeunes femmes en péril”. Persuadé du bien-fondé de sa démarche, le richissime homme d’affaires a remis le couvert aux fins de “faire entendre la raison” au pays. Et celui-là d’ajouter, en beau parleur sûr de son fait : “Une leçon de démocratie au gouvernement belge ! Une leçon de tolérance pour lui signifier qu’il fait fausse route…”

D’évidence, le très BCBG et musulman Rachid Nekkaz ne lâchera pas prise : “Depuis un an, nous avons déjà dépensé plus de 57.000 € en amendes et frais d’avocats (en Belgique et en France s’entend, NdlR).”

Sous nos latitudes, le cochon payeur intervenait pour la seconde fois, hier matin; et pour la troisième, à Charleroi (150 €), en début d’après-midi.

A-t-il conscience de peut-être être utilisé par les demoiselles l’incitant à bourse délier ? Chapeauté par les jolis principes cités plus haut, il n’en a cure.

Et la jeune Forestoise dont il effaça la dette, à Schaerbeek ? “Je ne suis forcée par personne”, exprima-t-elle timidement en ralliant le guichet 2 et en camouflant soigneusement jusqu’à son identité. “Je ne vois pas en quoi je dérange…”, estima-t-elle alors que la presse s’interrogeait sur le sens civique de quelqu’un qui enfreint systématiquement la loi belge.



© La Dernière Heure 2012