Faits divers Venus de France, ils ont dû poireauter deux heures avant de voir enfin leur client

FOREST Ironie du sort, vendredi, les ministres de la Justice de l'Union européenne se retrouvaient à Luxembourg pour améliorer leur collaboration. Hier matin, le bâtonnier Philippe Jumelin, Mes Blocquiaux, Rourhouze et Rahola, les quatre avocats français de Michel Fourniret - qu'ils voulaient rencontrer à la veille de sa mise en examen - ont été interdits d'entrer à la prison de Forest.

Pour rappel, lundi, l'étau se resserrera davantage sur le tueur en série et sa femme Monique Olivier, puisque débuteront à Dinant les interrogatoires des deux époux dans le cadre des enlèvements, assassinats et parfois les viols de six Françaises.

Ces interrogatoires aboutiront à la mise en examen du couple diabolique dans ces dossiers, par le juge d'instruction dinantais Bernard Claude en présence de ses homologues français, du procureur de Charleville-Mézières et des avocats, si ceux-ci le souhaitent. Une belle brochette d'hommes de toge en perspective, puisque Michel Fourniret est assisté désormais de six avocats (deux Belges et quatre Français) et Monique Olivier par quatre avocats (un Belge et trois Français).

Les quatre avocats français, agacés, ont dû patienter plus de deux heures devant la prison, avant de voir Michel Fourniret: «En principe, notre carte professionnelle française d'avocat devrait suffire, commente le bâtonnier Jumelin. D'autant plus que nous avions l'autorisation du juge d'instruction français, notre interlocuteur, qui l'avait transmise au juge belge dans le cadre de la commission rogatoire. On nous a d'abord refoulés en nous disant qu'il fallait trois autorisations pour pouvoir entrer. C'est surréaliste. Nous avons perdu deux heures pour des prétextes qui nous semblent une entrave à la libre circulation des avocats. A l'heure de l'Union européenne, je ne pensais pas qu'il fallait encore toutes ces formalités».

Vérification faite, il appert qu'un avocat de l'Union doit présenter, pour pénétrer dans un établissement pénitentiaire étranger, une carte d'avocat européenne. «A défaut de cette carte, l'avocat doit adresser une demande qui doit être signée par le bâtonnier des avocats de l'ordre où se trouve la prison, du procureur du roi et de la ministre de la Justice», explique-t-on à Forest. Dans le cas présent, il a fallu des démarches téléphoniques pour faire débloquer la situation. C'est Me Luc Balleux, l'avocat dinantais de Michel Fourniret qui a joué les sésames pour qu'enfin, la lourde porte s'ouvre.

© La Dernière Heure 2005