Faits divers L’enquête de téléphonie indique, selon le parquet fédéral, qu’il était en liaison avec des membres du commando du 13 novembre.

Yassine Atar espérait bien obtenir sa libération le 8 juin devant la chambre des mises en accusation de Bruxelles. Il devra probablement attendre encore longtemps.

Hier, le parquet fédéral a annoncé, dans un communiqué, l’inculpation survenue mercredi et le placement sous mandat d’arrêt d’un certain Yassine A., dont il sera rapidement confirmé qu’il s’agit d’Atar. Sa détention a été prolongée d’un mois, hier, par la chambre du conseil de Bruxelles. L’homme est maintenant poursuivi pour 130 assassinats terroristes, en qualité de dirigeant d’un groupe terroriste, dans le cadre du volet belge du dossier des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Une prévention maximale pour un homme dont le nom revient inlassablement dans ces dossiers de terrorisme islamique.

Selon nos informations, ce sont des éléments de téléphonie qui viennent soutenir cette nouvelle inculpation. Il s’avère que le jour du 13 novembre 2015, plusieurs cartes sim prépayées ont été achetées au même endroit de Bruxelles. Deux ont été activées à proximité du lieu de résidence de Yassine Atar. L’enquête a démontré que ces deux GSM ont été en contact avec des GSM utilisés par le commando parisien. L’un a été laissé par un terroriste dans une poubelle juste devant le Bataclan avant qu’il ne soit attaqué. L’autre a été utilisé par Abdelhamid Abaaoud.

Second élément qui figurerait au dossier, toujours selon nos sources, le 15 novembre, deux numéros de GSM utilisés depuis la Belgique par des coordinateurs sont en relation avec Abdelhamid Abaaoud et sa cousine Hasna Aït Boulahcen, alors que tous les deux se trouvaient dans le fameux buisson où le premier s’était caché quatre jours durant à Aubervilliers. Ces deux GSM ont borné au niveau de la porte de Hal, à Bruxelles, au moment même où Yassine Atar s’y trouvait.

Il est enfin soupçonné d’avoir multiplié les contacts téléphoniques avec son cousin Khalid El Bakraoui et son ami Mohamed Bakkali, inculpé lui aussi dans le cadre des attentats de Paris.

Yassine Atar est d’abord connu pour ses liens familiaux. Il est le frère d’Oussama Atar, en liberté, considéré en France (moins en Belgique) comme l’un des principaux instigateurs du réseau à l’origine des attaques de Paris et Bruxelles. Il est aussi le cousin des frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, morts en kamikazes le 22 mars 2016 à Zaventem et Bruxelles.

Le jeune Atar a été interpellé peu après les attentats de Bruxelles, soupçonné par le parquet fédéral d’avoir planifié une attaque sur la marche contre la peur, prévue le 27 mars 2016 à Bruxelles et finalement annulée. Mais cette prévention a finalement été abandonnée face au manque de preuves. Notamment la nitroglycérine sur ses cheveux et sa barbe, qui n’était finalement présente qu’en quantité négligeable. Yassine Atar n’était, jusqu’à mercredi, que poursuivi en tant que membre d’une organisation terroriste.

Mais on sait que des éléments à charge pesaient sur lui. Notamment le fait qu’il ait été en possession d’une clé ouvrant la porte de l’immeuble du no 86 de la rue Henri-Bergé, à Schaerbeek, fameuse planque de djihadistes où les ceintures d’explosifs utilisées lors des attentats de Paris ont été fabriquées. Là aussi où Salah Abdeslam s’était réfugié après ces mêmes attentats. La défense de Yassine Atar, représentée par Mes Jérôme Arnould et Sébastien Courtoy, considère que cette clé n’ouvre pas la porte de l’appartement en lui-même.

Julien Balboni