Faits divers

Un chercheur demande au plus vite des règles éthiques internationales

SHEFFIELD Des robots baby-sitters, d'autres qui donnent la cuillère aux malades...

Face au risque de laisser à des machines des responsabilités incombant normalement aux humains, un chercheur britannique demande au plus vite des règles éthiques internationales. "Il y a déjà au moins 14 entreprises au Japon et en Corée du Sud qui ont mis au point des robots pour s'occuper des enfants. La question est de savoir si cela conduira à un manque de soins" , explique Noel Sharkey, professeur en intelligence artificielle et robotique à l'université de Sheffield.

Le scientifique s'interroge sur la place de plus en plus importante des robots dans la vie quotidienne et pose la question de leur contrôle.

Outre le risque des applications militaires, le chercheur s'inquiète de la prise en charge, par des robots, de "personnes vulnérables", comme les enfants ou les personnes âgées, soulignant que des machines permettant de donner à manger à des malades existent déjà, comme le robot japonais My Spoon (ma cuillère).

Des robots pourraient aussi se voir confier par des parents la garde de leur enfant, remplaçant la nounou en chair et en os.

Or, selon le scientifique, "nous ne savons pas quel impact psychologique peut découler du fait de laisser des robots garder des enfants pendant de longues heures" . Noel Sharkey relève que les ventes de robots ont considérablement augmenté depuis le début du siècle, atteignant près de 5,5 millions en 2008.

Inversement , leur prix a chuté et ils valent en moyenne 80 % moins cher qu'en 1990. Conséquence : "ils vont occuper dans notre vie une place sans précédent ", affirme-t-il, craignant qu'en l'absence de règles éthiques fixées par des instances internationales, les décisions concernant leur utilisation ne soient laissées aux militaires, aux industriels ou à des parents trop occupés, à moins qu'elles ne soient tout simplement éludées.



© La Dernière Heure 2008