Faits divers

Des gangsters braquent une banque en menaçant la famille du gérant

ARLON Une partie de la famille Mannard a eu de fameuses frayeurs, vendredi et samedi, à Arlon et ailleurs dans le pays où une bande de gangsters l'a trimbalée, avant d'abandonner ses trois otages, ligotés, dans une camionnette, sur le parking d'une grande surface, à Anderlecht. Ce week-end, en raison de l'absence de M. Henrion, directeur de l'agence Dexia, en plein centre de la ville, Michel Mannard assurait la gérance. Alors que la famille était réunie à son domicile, rue du Mauvais Passage, à Fouches, dans la banlieue du chef-lieu ardennais, un véritable gang a fait irruption.

Mme Mannard a ouvert et entendu quelqu'un lui demander de l'aide à la suite d'un accident de voiture. Michel Mannard sortit alors de son habitation et se fit braquer par trois individus.

Quatre autres personnes encagoulées prirent immédiatement en main la surveillance de l'épouse de Michel Mannard, de sa mère et de son fils de 13 ans. Les trois membres de la famille furent bâillonnés, menottés et obligés de prendre des médicaments. On les installa dans une camionnette pourvue de matelas et ils prirent la route pour une destination alors inconnue.

Quant à Michel Mannard, il a été retenu chez lui toute la nuit sans que quiconque puisse deviner quoi que ce soit, la maison, une ancienne ferme, étant à l'écart de la localité.

Le lendemain, samedi, vers 7 h 30, deux truands ont conduit Michel Mannart, à l'agence, rue de la Poste, à deux pas du palais de justice de la place Léopold. Les gangsters étaient munis de perruques de couleurs, puisque c'était jour de fête dans l'entité. Ils sortirent de leur BMW et entrèrent dans le bâtiment. Les voleurs s'emparèrent d'un butin qui serait assez important.

Arrivés à la banque, d'autres employés ont été tenus en respect, en présence de leur infortuné collègue. Puis les deux malfrats ont pris la fuite à bord de la BMW.

Ils ont laissé M. Mannard dans le bâtiment et lui rappelant les menaces qui pesaient sur sa famille. Les voleurs ont disparu dans une direction inconnue, même si la proximité de la France et du Luxembourg laisse présager une fuite vers l'étranger.

Pendant tout ce temps, personne n'avait de nouvelles des trois otages embarqués dans la camionnette.

Finalement, ceux-ci ont pu se libérer alors qu'ils se trouvaient à Anderlecht, à 180 km de leur point de départ! Le garçon de 13 ans arrivait le premier à défaire ses liens et à se soustraire des effets des médicaments. Il libéra sa maman et sa grand-mère.

Les trois personnes mirent un certain temps à réaliser puis se rendirent, vers 14 h 15, au Brico d'Anderlecht où elles demandèrent de l'aide à une caissière. Là, ils furent conduits chez le gérant qui prit soin des trois personnes jusqu'à l'arrivée de la police fédérale.

Les trois malheureux occupants avaient donc passé la nuit et une bonne partie de la journée dans ces pénibles circonstances.

Un peu plus tard, l'épouse, l'enfant et sa grand-mère ont rejoint Arlon par hélicoptère où les attendait, à la caserne Callemyn, le gérant de banque, ravi de la tournure des événements.

Hier, les enquêteurs, de l'ancienne PJ d'Arlon et de la police locale, sont restés d'une grande discrétion après avoir entendu de nombreux témoins, comme les employés de la banque.

Quelqu'un a-t-il pu reconnaître un agresseur? Les truands savaient-ils que M. Henrion était absent et qu'il était logique de se présenter chez M. Mannard? Pourquoi abandonner là trois otages en sachant que le hold-up ne se déroulerait que le lendemain matin? Le parquet d'Arlon va peut-être lever un coin du voile...