Faits divers

Pour ne pas heurter les musulmans qui entrent au palais de justice, les boules et guirlandes ont été enlevées

BRUXELLES Ce qui s'est passé hier après midi, au palais de justice de Bruxelles, est tout simplement inimaginable. Doublement incroyable même. Mais qu'est-ce qui est le plus choquant ? Que cette année, les employés qui se trouvent à l'accueil derrière leur bureau ont été priés d'enlever les décorations de Noël qui s'y trouvaient ? Ou que ces mêmes employés ont été appelés d'urgence dans le bureau de leur direction suite à notre présence ? Suite à nos questions, disons plutôt.

Le sujet qui fâchait hier, au palais de justice, était donc Noël. Noël et ses guirlandes, Noël et ses boules, Noël et ses lumières... Comme chaque année, les deux bureaux situés dans l'entrée du palais avaient été soigneusement décorés. "C'était très beau et je tiens à le préciser, il n'y avait pas de crèche ou de croix de Jésus. Rien que des décorations de Noël", nous explique-t-on.

Mais pour la nouvelle responsable des huissiers qui est en fonction depuis un an, c'était déjà trop. "On nous a demandé de tout enlever pour ne pas choquer une partie de la population qui entre dans le palais. On devait rester neutre pour les musulmans." Il reste juste un minuscule sapin...

Bien évidemment, nous avons voulu en savoir plus. Nous nous sommes rendus au palais. Nous ne nous attendions pas à un tel accueil. Panique est le seul mot à utiliser. "On ne peut pas vous parler de ça. Nous risquons notre place."

Gentiment, on nous a fait comprendre que nous devions nous rendre chez la greffière en chef. La visite fut courte. Entre deux portes, la responsable nous signifie qu'elle n'a rien à nous dire et qu'elle n'a pas à justifier cette réaction. Retour à la case départ, l'accueil. Sitôt en bas, le téléphone des employés sonne : la sanction est tombée. Leur chef voulait les voir illico presto. La sanction redoutée était devenue réalité !

"En tant qu'avocat, je suis profondément choqué lorsque j'ai appris le motif de l'enlèvement des décorations de Noël"; nous dit Bernard Tieleman, qui les avait vues la veille. "Mais où va-t-on, si on tolère ça ? C'est tout simplement un scandale. On ne peut pas ne pas réagir. Il y a des limites. Va-t-on enlever le sapin de la Grand-Place ?"

Au parquet, dans le bâtiment situé en face du palais, c'est aussi la stupeur. "Quoi, pas de sapin ? M'enfin, ici c'est moi qui l'ai décoré", nous explique l'employé à l'accueil, Atif, qui précise lui-même qu'il est marocain...



© La Dernière Heure 2007