Faits divers

L’avocate générale a estimé que Christelle Pourbaix avait donné « l'impulsion de mort à Kevin Mosen »

Lors de l’audience de ce lundi après-midi, l’avocate générale, Muriel Radoux, a demandé aux jurés de déclarer les deux accusés coupable d’assassinat et Christelle Pourbaix de recel de cadavre. Selon l’avocate générale, Christelle Pourbaix a eu un rôle essentiel. Elle a rappelé que cette dernière s’était prétendue être l’amie de Emilie Tyberghein pour récupérer Kevin Mosen, n’hésitant pas à envoyer à Emilie des messages culpabilisants tandis qu’elle la dénigrait. Muriel Radoux a souligné le fait que c’était grâce aux déclarations de Kevin Mosen que l’enquête avait pu déterminer ce qu’il s’est passé, notamment à propos de ce tueur à gages. « Christelle Pourbaix considère que Emilie est un obstacle. C’est Mme Pourbaix qui donne le numéro de ce tueur à gages. Ce qu’elle nie, mais en attendant ce numéro de téléphone, ce tueur, ils existent. C’est grâce à la déclaration de Kevin Mosen que les enquêteurs retrouvent le GSM qui a servi à le contacter. » 

Selon l’avocate générale, Kevin Mosen a bien tenté de se soustraire à ce triangle amoureux. « En s’engageant à la légion, il fuit les deux. Mais ça, Christelle Pourbaix ne peut pas l’accepter. Elle doit trouver une solution avant que Kevin Mosen n’y retourne début janvier. Kevin Mosen et Emilie Tyberghein s’étaient donné une dernière chance. Christelle Pourbaix devait trouver une solution pour récupérer Kevin Mosen. » Selon l’avocate générale, la version de Christelle Pourbaix qui prétend qu’elle ne savait pas pourquoi elle se rendait sur les lieux ne tient pas la route. « Ils sont d’accord pour dire que Kevin Mosen a fait des allers-retours jusqu’à la voiture et c’est important. Même si elle ne lui avait pas dit courage comme il l'explique, son attitude, ne peut que conforter Kevin Mosen dans son dessin criminel. Tous les éléments démontrent, que lui a été l’exécuteur et elle a été l’encouragement nécessaire constituant l’acte de participation. »


"Christelle Pourbaix a participé à l’assassinat"

Selon la partie civile, c’était elle qui avait le plus intérêt à la mort d’Emilie.

Les jurés ont ensuite entendu la plaidoirie de Me Preumont à la partie civile. Pour l’avocat, Christelle Pourbaix est coupable d’assassinat tout comme l’est Kevin Mosen. « Il y avait une ambiance de mort, des paroles de mort et un état d’esprit », a déclaré Me Preumont. L’avocat a souligné les déclarations de plusieurs témoins qui ont déclaré que Christelle Pourbaix souhaitait la mort Emilie Tyberghein. Cette dernière, suicidaire, avait tenté de mettre fin à ses jours par pendaison. « Elle la voyait comme un obstacle. Emilie est une rivale, elle serait bien contente d’en être définitivement débarrassée.

Emilie a dit à sa soeur aînée que Christelle la détestait. » Au départ de la relation entre Kevin Mosen et Emilie Tyberghein, Christelle Mosen avait confié à cette dernière que si elle n’avait pas aimé Emilie, elle aurait tenté de récupérer Kevin Mosen. « Maintenant que ce n’est plus trop le cas, je suppose que rien ne la retient d’essayer de le récupérer », avait confié Emilie. L’avocat a souligné les incohérences dans le discours de Christelle Pourbaix. A propos de la version de Christelle Pourbaix qui prétend ne pas avoir vu le hangar dans lequel Kevin Mosen explique être rentré avec la voiture : « C’est totalement ridicule invraisemblable, non crédible. Elle raconte des trucs qui ne tiennent pas debout. La version de Mosen est bien plus crédible », a poursuivi l’avocat. Ce dernier a souligné qu’il était tout à fait possible et bien plus crédible de s’approcher au plus près avec le véhicule du corps que les amants souhaitaient charger. Selon Me Preumont, Christelle Pourbaix avait de nombreuses possibilités de s’enfuir ou de partir, de faire cesser le geste criminel.

« Après avoir passé la nuit au Ladies night, où elle s’est retrouvée seule, elle l’accompagne ensuite à la police pour faire acter la disparition inquiétante. Il faut drôlement bien contrôler la situation. Ils ont ensuite nettoyé la voiture, elle a caché les vêtements chez son employeur. Ce sont des choses que l’on ne peut faire que quand on est solidaire et bien dans le coup. » Selon la partie civile, Christelle Pourbaix « joue la comédie à la perfection. » L’avocat a encore souligné qu’après les faits, Christelle Pourbaix n’avait pas hésité à « embrasser la maman d’Emilie », alors que cette dernière était morte d’inquiétude pour sa fille qui avait disparu. « C’est certainement Mme Pourbaix qui avait le plus grand intérêt à ce qu’il s’est passé, elle allait être débarrassée de son empêcheuse d’aimer en rond. » L’avocat a demandé aux jurés de répondre oui à l’assassinat pour les deux accusés.


"Emilie était toujours vivante !"

Me Meurice a souligné les éléments qui démontrent que Christelle Pourbaix a participé aux faits.

Ce lundi, la cour d’assises de Liège a entendu les parties civiles dans le dossier à charge de Kevin Mosen et Christelle Pourbaix. Les deux accusés doivent répondre de l’assassinat de Emilie Tyberghein retrouvée le 14 décembre 2013 à Fexhe-le-Haut-Clocher dans la province de Liège. Me Séverine Meurice, qui intervient aux côtés de Me Preumont pour les parties civiles, a débuté les plaidoiries.

Elle a retracé la chronologie des événements et a estimé que les deux accusés sont impliqués dans les faits. « Emilie a agonisé plus de trente minutes et la téléphonie démontre que Kevin Mosen est resté pendant quinze minutes sur place », a indiqué l’avocate. « Lorsqu’il est revenu sur place avec Christelle Pourbaix, Emilie vivait toujours », a poursuivi Me Meurice.

L’avocate a estimé que les faits étaient bien prémédités par les deux accusés. « Certains des derniers SMS sont interpellants, notamment un SMS envoyé par Kevin Mosen à Christelle Pourbaix et qui lui demande de ne pas répondre au prochain SMS. Un message auquel elle n’a répondu comme cela lui avait été demandé. » L’avocate a rappelé que Kevin Mosen avait envoyé un SMS « C’est ce soir » et elle a tout de suite compris de quoi on parlait.