Faits divers Le pénaliste Olivier Martins dénonce : "La pire instruction jamais vue jusqu’ici !"

On le sait, le procès du casse du siècle s’est soldé ce jeudi par un acquittement des 18 prévenus poursuivis pour le vol de millions de diamants sur le tarmac de Zaventem le 18 février 2013. Une catastrophe, un fiasco, un scandale, etc. Le verdict n’a pas manqué de faire réagir. Mais justice a été rendue et c’est donc libres que tous les suspects ont quitté le tribunal. "Ils étaient tous soulagés mais pas heureux pour autant. On ne crie pas victoire quand sa vie a ainsi ête gâchée pour rien !", s’exclame le pénaliste Olivier Martins. L’avocat défendait plusieurs des suspects dont ledit cerveau belge du casse, Tarek B.

"Dès le début, j’ai compris que cette enquête virait au naufrage. On prétextait que son téléphone avait activé des bornes qui n’étaient pas les bonnes. Il avait d’ailleurs été remis en liberté avant d’être à nouveau interpellé. Dans ce dossier, le magistrat instructeur Anciaux s’est laissé contaminer par les certitudes des enquêteurs. Et il est là le souci : ces policiers n’ont travaillé que dans une seule direction. Le doute est une souffrance que tous les acteurs judiciaires doivent s’imposer, y compris les enquêteurs. Ce qui n’a pas été le cas dans cette instruction catastrophique, la pire que j’ai connue en 25 ans !", s’exclame Olivier Martins.

Le pénaliste dénonce également des méthodes qu’il juge plus que suspectes. "Ils ont réalisé une perquisition chez l’un des suspects et n’ont rien trouvé. Un mois plus tard, ils reviennent chez lui pour une nouvelle perquisition. Ils le laissent quitter la maison avec sa femme le temps d’aller chercher les enfants à l’école et à son retour, ils lui disent avoit trouvé un gilet pare-balles avec des empreintes d’un complice. Je ne dis pas que tous les enquêteurs présents ce jour-là ont menti, mais pour moi, l’un d’eux a procédé à la mise en place de gilet dans la maison."

Et Olivier Martins n’est pas le seul à dénoncer ici l’autopersuasion abusive des enquêteurs.

Sven Mary, à la défense de Christel C. dans ce dossier, rappelle "que ce n’est pas le procureur qui décide". "Dans la balance de la justice, la charge de la preuve compte. Et ici, les enquêteurs n’ont pas eu l’ouverture d’esprit suffisante que pour tenter autre chose que d’attacher des éléments du dossier à des personnes. Sans compter la mise sous pression qui a été réalisée sur certains des prévenus dont ma cliente."