Procès Habran: 60 ans de criminalité pour Marcel Habran

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Faits divers

La personnalité des différents accusés a été synthétisée jeudi par les enquêteurs devant la Cour d'assises de Liège au procès de Marcel Habran et consorts. Il s'agit du dernier volet important de l'instruction du dossier


LIEGE Le passé judiciaire de Habran a de nouveau été décortiqué au travers de ses 60 ans de faits de violence et de grand banditisme.

L'enquête de moralité de Marcel Habran a été principalement dirigée sur son passé judiciaire. A la suite d'un désaveu de paternité, Marcel Habran n'a jamais porté le nom de son père. Enfant insoumis, il a travaillé comme ouvrier et a été placé sous tutelle du juge des enfants. Ses deux premières condamnations remontent à 1952, à l'âge de 19 ans, pour des coups et blessures et des vols de métaux.

Marié une première fois, Marcel Habran a eu 3 enfants, dont un décédé dans un accident de voiture. Les parents ont été déchus de leur puissance paternelle pour négligences graves. Habran était actif dans le milieu de la prostitution, où il avait plusieurs maîtresses. Il était violent et craint dans le milieu.

C'est en 1976 qu'il a rencontré son épouse actuelle, alors visiteuse de prison. Marcel Habran a été condamné plusieurs fois, dont une fois à 18 ans de prison aux assises de Bruxelles pour les faits relatifs à une attaque et à la mort d'un convoyeur. A cette occasion, il avait déclaré: "Je suis innocent, sourd, muet et amnésique ! ". A 75 ans, il a passé plus de 23 ans de sa vie en prison. Il compte 12 condamnations. Pendant près de 60 ans, il a attiré l'attention des services de police pour sa violence et pour des faits de grand banditisme.

Par le dernier psychologue qui l'a examiné, Marcel Habran a été qualifié de psychopathe secondaire. Il n'est pas catégorisé dans la psychopathie primaire mais dans un autre registre qui en reprend certaines caractéristiques ou nuances importantes.

Thierry Dalem a refusé de se soumettre à l'enquête de moralité, estimant que le parquet général tirerait sur lui à boulets rouges en raison de son passé judiciaire. Son enfance a été décrite comme malheureuse. Dalem est père de 2 enfants. Ses ennuis judiciaires ont débuté à 18 ans. Il est connu pour des faits de hold-up, vols et violences. Il a été condamné 4 fois.

Claude Kremer a abandonné ses études à l'âge de 14 ans. Sa première condamnation remonte à 1979 pour des faits d'escroquerie. Il s'est ensuite manifesté pour des faits de hold-up et vols avec violences, avec trois condamnations.

Vincent Buret est impliqué dans des faits de banditisme depuis l'âge de 18 ans, aussi bien en Belgique, en France et en Espagne. Actuellement en fuite, il est un spécialiste de la cavale puisqu'il s'est évadé à 5 reprises des prisons de Hasselt, Mons, Forest, Lantin et Bobigny. Il totalise 11 condamnations.

Les personnalités de Pépé Rosato (3 condamnations), Anouar Bennane (2 condamnations), Jean-Marie Geerts (3 condamnations), Joël Schraenen (9 condamnations), Stefan Lewus (6 condamnations), Tony Samardzic (6 condamnations) et Eric Weyns (6 condamnations) ont également été évoquées lors des synthèses présentées. Les avocats ont toutefois relevé plusieurs erreurs dans le travail réalisé par les enquêteurs, avec parfois des informations à charge évoquant des condamnations qui n'ont pas existé.

Les trois prochaines journées d'audience reviendront en détails sur les profils des accusés au travers des différents témoins de moralité. Le procès reprendra vendredi matin avec les témoins relatifs à Marcel Habran, Thierry Dalem et Joël Schraenen.

© La Dernière Heure 2008

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