Faits divers

Ihsane Jarfi n'était pas ivre lorsqu'il a été agressé.

Les médecins légistes ont confirmé mardi matin devant la cour d'assises de Liège qu'Ihsane Jarfi a agonisé plusieurs heures et qu'il est mort d'une longue asphyxie après avoir été agressé par Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier. Ihsane Jarfi présentait notamment un important écrasement de la cage thoracique. Entièrement nu, il reposait sur le ventre à la lisière d'un champ. Selon le médecin légiste qui s'est rendu sur place, le cadavre présentait de très nombreuses lésions, toutes de type contondant.

Les médecins légistes Simon Cauchies et Eric Lemaire ont constaté de nombreuses lésions sur la tête, sur le cou, sur le thorax, sur l'abdomen et sur le dos. Les coups portés avec les poings ou avec des pieds chaussés ont entraîné des infiltrations hémorragiques diffuses, notamment au niveau du cerveau. Le cou présentait des éraflures et une large hémorragie. Les légistes ont relevé un écrasement du cartilage de la thyroïde et un écrasement des structures qui permettent la respiration.

Au niveau du thorax et de l'abdomen, les experts ont relevé de multiples traces de coups, avec 17 fractures des côtes. Des coups violents ont été portés par les auteurs avec les pieds. Mais les légistes soulignent surtout un mécanisme d'écrasement conséquent de la cage thoracique qui a été à l'origine du décès. "On peut imaginer que l'un des auteurs a sauté sur la cage thoracique. Il y a des hémorragies profondes au niveau de l'abdomen. Les coups ont été portés avec une très grande violence", a précisé le Dr Cauchies.

Dans son dos, Ihsane Jarfi présentait une multitude d'abrasions de quelques millimètres de largeur. Les experts ont relevé que ces traces pourraient correspondre à des blessures réalisées avec des fils barbelés mais aussi, principalement, par une traînée du corps au sol.

Selon les médecins légistes, un mécanisme de décès s'est mis en place à la suite des coups reçus. Ihsane Jarfi présentait différents foyers d'hémorragie. Sa cage thoracique était écrasée et ses voies supérieures cervicales également écrasées. Ce mécanisme de décès a duré plusieurs heures. Ihsane Jarfi se trouvait probablement dans un état comateux après les coups reçus mais il ne possédait plus un niveau d'oxygénation suffisant pour rester en vie. Les lésions de son cerveau étaient telles que le décès par asphyxie est survenu après plusieurs heures d'agonie. Un mécanisme hypothermique s'est également associé à cette cause de décès.

A l'issue du témoignage des experts relevant notamment l'important écrasement de la cage thoracique, le président Philippe Gorlé a réinterrogé les quatre accusés. Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens et Eric Parmentier ont affirmé qu'ils ne se souviennent pas de la scène d'écrasement. Jonathan Lekeu a reconnu avoir porté des coups de pieds et de genou dans les côtes de la victime mais il n'a pas reconnu l'écrasement de la cage thoracique tel qu'il a été décrit par les experts.