Faits divers La famille d’Ihsane Jarfi a vécu ce procès difficile de manière digne.

À l’issue du procès, les différentes parties civiles se sont montrées satisfaites. Aucune n’a crié vengeance ou ne s’est réjouie des peines, mais chacune a souligné la justesse de la décision des jurés.

En effet, tant l’association Arc-en-ciel Wallonie, que le Centre pour l’égalité des chances se sont félicités que les jurés aient retenu la circonstance d’homophobie. "Nous n’avons pas à nous prononcer sur la peine", indique Thierry Delaval, président de l’association Arc-en-ciel Wallonie. "Nous sommes satisfaits que la société civile a reconnu que les faits avaient été commis car la victime était différente."

Une analyse que partage le Centre interfédéral pour l’égalité des chances. "Manifestement, le jury a pris en compte la gravité du caractère homophobe. C’était très important", explique le président du centre.

Me Rodeyns , avocat d’Arc-en-ciel Wallonie, abonde dans ce sens. "C’est un moment extrêmement important. Les accusés ont adopté un comportement inacceptable aux yeux de notre société."

Hassan Jarfi, le papa de la victime, s’est dit apaisé. "Ihsane était notre fils mais les jurés ont démontré que c’était également leur fils. La société doit tout faire pour se préserver d’un mal. Nous ne souhaitons pas nous venger. Parce que nous savons maîtriser notre peine et notre douleur. Après le verdict, nous allons parler à notre colère comme nous avons toujours parlé à notre douleur. Aujourd’hui, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait beaucoup de personnes autour de nous qui ont dénoncé ce crime horrible, commis seulement à cause de la différence. Ihsane semait la joie et le bonheur partout où il allait. Nous allons pouvoir commencer à faire notre deuil même si je sais que le procès en lui-même n’est pas une finalité mais la justice devait être rendue. Ces gens, qui croyaient qu’ils avaient le pouvoir, savent maintenant qu’il y a un pouvoir supérieur au leur. C’est le pouvoir de la justice et de la société tout entière."