Procès Pirson: test de vérité du détecteur

B. F. Publié le - Mis à jour le

Faits divers Premier procès où le résultat du polygraphe est utilisé. Et contesté

BRUXELLES D'ici quelques jours, tous les magistrats et policiers du pays recevront une circulaire expliquant quand et comment ils peuvent faire appel au détecteur de mensonge, appelé aussi le polygraphe. Ce sera le début d'un usage élargi de cette nouvelle méthode policière en Belgique. Plusieurs appareils ont déjà été achetés et des enquêteurs ont été formés à cette technique, explique-t-on au ministère de la Justice.
C'est dire si le procès Pirson est important. Ce dossier est la première affaire judiciaire belge impliquant le polygraphe à arriver devant un juge du fond. C'est le test de vérité pour le polygraphe. Si le para est acquitté, le détecteur de mensonge sera relégué au rayon des gadgets!
Présent dans la salle, Jean-Claude Lacroix, qui supervise l'enquête sur les tueries du Brabant, est venu assister aux débats. Le détecteur avait été utilisé pour la première fois dans le dossier des tueries. L'homme est convaincu de l'intérêt de cette méthode. `Ce procès permet aussi de voir les arguments développés par les différentes parties´, explique le magistrat.
Côté accusation, l'auditeur général Wailliez dit ne tirer aucun indice de culpabilité du détecteur. C'est un élément parmi d'autres. La défense, elle, a fait citer un expert, professeur à l'UCL, Pierre Philippot. `Les différentes études montrent que 55 à 88% des personnes coupables sont identifiées comme coupables. C'est vraiment peu. 55%, c'est à peine mieux qu'à pile ou face!´, nous explique le professeur. Selon lui, il manque des études scientifiques fiables sur le détecteur. En attendant, il considère son utilisation comme un `processus d'influence pour amener la personne à des aveux´.
B. F.