Procès Younès : aucune piste n’a été négligée

Nathalie De Reuck Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Les enquêteurs ont longuement été entendus

En début d’après-midi, la cour a estimé qu’il n’y avait pas lieu de prononcer la nullité de la procédure, comme l’avait requis Me Xavier Magnée, conseil de l’accusé, au motif que son client n’avait pas bénéficié de l’assistance d’un avocat lors de son inculpation, le 9 novembre 2010, tel que le précise l’arrêt Salduz.

Par ailleurs, les enquêteurs ont longuement été entendus. L’hélicoptère est intervenu à trois reprises, les maîtres- chiens 31 fois. La police fluviale qui a sondé les cours d’eau est intervenue à 7 reprises.

70 appels à Child Focus suite au signalement de la disparition de Younès ont été examinés et vérifiés. 120 appels entrants et sortants la nuit des faits, émanant de la borne téléphonique active près du domicile des Jratlou, ont été analysés. Les caméras vidéo des alentours ont toutes été observées.

Plusieurs commissions rogatoires au Maroc, en Italie, aux Pays-Bas et en France ont été nécessaires et des dizaines de témoins ont été entendus. Toutes les pistes ont été explorées, sans succès. Excepté la piste intrafamiliale où les contradictions entre les déclarations du père et de la mère ressortent de l’enquête.

Confronté aux éléments objectifs, Mohamed Jratlou reste imprécis, fuyant. Les zones d’ombre dans le timing décrit par l’accusé la nuit du drame restent sans explication. “C’est le flou le plus total”, ira jusqu’à dire un inspecteur pour qualifier les nombreuses auditions de l’accusé. Seul Wasir, le fils aîné du couple, pourrait peut-être mettre en lumière certains éléments. Mais il ne témoignera pas. Trop traumatisé. Il n’avait que 8 ans, la nuit du 25 au 26 octobre, quand Younès a disparu.

Auditionné par les inspecteurs, il disait : “Il tape, il tape et tape encore” pour expliquer la dispute entre son père et sa mère. Confus sur le moment crucial, il aurait confié à des amis d’école que son père avait porté Younès dans ses bras “comme une pizza” .

Les parents du bambin ont réagi de manière totalement divergente lorsqu’ils apprennent la mort de leur fils. Naïma hurle, crie, tremble. Ne comprend pas pourquoi Younès qui avait peur de l’eau est dans la Lys.

Mohamed refuse d’y croire. Pas de pleurs. De la colère pour sa femme qu’il tient pour responsable. “Elle n’a pas accompli correctement son devoir de surveillance.”

Fin d’après-midi, les photos de la découverte du corps sont projetées. Insoutenables. La mère de Younès tenait à rester dans la salle. Pour affronter la réalité. Finalement, elle a accepté de quitter l’audience sur le conseil de ses avocats. De nombreux témoins, dont les experts, seront entendus jeudi et vendredi.



© La Dernière Heure 2012
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