Procès Younes: le Ministère public avait requis 12 ans

Ch. H. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Quant à M e Magnée, il demandait le minimum pour ce qu’il considère comme un… accident !

MONS L’avocat général avait demandé une peine de douze ans minimum (sur un maximum de quinze) en ne reconnaissant aucune circonstance atténuante à Mohamed Jratlou. “Il n’existe pas de définition légale des circonstances atténuantes, expliqua Ingrid Godart, écartant, dans cette catégorie, le casier judiciaire vierge de l’auteur.

Elle s’est particulièrement attardée sur deux points : la gravité des faits et la personnalité de l’auteur.

En ce qui concerne la gravité des faits, le procureur pointe la mort violente d’un bambin de 4 ans : “Il a été jeté à l’eau comme un déchet, comme un objet encombrant. C’est une enquête monumentale qui a été menée, contrairement à ce qu’affirmait la défense.”

En ce qui concerne la personnalité de l’accusé, le ministère public ne distingue pas davantage de circonstance atténuante : “Sa froideur, son manque d’empathie, sa violence et, surtout, son risque de passage à l’acte présentent un risque g rave d e réci dive. Il n’a jamais assumé ses responsabilités de père et d’époux. Il jure sur le Coran, mais un bon musulman qui prend des libertés par rapport à sa religion en prend sur le livre sacré. Il n’a pas arrêté de mentir et la manière dont il s’est comporté avec la dépouille de son fils est très grave vis-à-vis de sa religion car il y avait un risque de ne pas retrouver le corps, et donc de ne pas pouvoir l’inhumer. Son incarcération lui permettra, je l’espère, d’effectuer un travail d’amendement et d’introspection.”

Xavier Magnée ne partageait évidemment pas cet avis. Pour le défenseur de Mohamed Jratlou, le drame est surtout la conséquence d’un accident : “Vous avez rendu une très bonne décision. Il n’y a pas que chez ces gens-là qu’il y a des scènes de ménage, il y en a partout. Qui a un ménage parfait ? Personne ! Moi-même, j’ai divorcé trois fois. Ne condamnez pas mon client à une scène de rattrapage parce qu’on a raté la qualification de meurtre. Est-ce que quelqu’un ose dire que Mohamed Jratlou n’aimait pas ses enfants ? Qui ose dire ça, à part vous ?”, en montrant du doigt le procureur.

À propos des maîtresses de Jratlou qui étaient venues expliquer sa violence à la barre, il eut cette réflexion en s’adressant aux femmes du jury : “Vous connaissez beaucoup d’anciens jules qui diraient du bien de vous ?”

En conséquence, l’avocat demande une peine minimale : “Il n’y a rien de bon à tirer de la prison. Mon client sera déjà suffisamment puni lorsque, chez lui, tous les jours qu’Allah fait, il verra une photo de Younès dans toutes les pièces.”



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