Faits divers Benjamin, 29 ans, a été agressé par trois jeunes alors qu'il venait de quitter l'Athénée Royal Serge Creuz

MOLENBEEK «C'était la fin de la cinquième heure, il était environ 12 h 30, je sortais de l'école avec une collègue. À peine dehors nous avons entendu des insultes. Fils de p.., con... J'avoue que c'était un vocabulaire très limité auquel nous n'avons pas porté plus d'intérêt que cela», explique Benjamin, un jeune professeur de 29 ans.

Pourtant, les jeunes étaient bien là pour les professeurs qui quittaient l'Athénée Royal Serge Creuz de Molenbeek. N'osant pas attaquer le corps enseignant directement à la sortie de l'école, sans doute suite à la présence d'éducateurs aux portes, ils ont préféré attaquer quelques mètres plus loin.

«Je me dirigeais vers le métro Osseghem. C'est environ à 100 mètres de là. J'ai senti quelqu'un taper sur mon épaule et me dire: Hé con... t'es sourd ou quoiAu même moment, Benjamin recevait une flopée de coups de poing et de pied sur tout le corps. Essentiellement d'un des jeunes d'ailleurs. Les deux autres étaient beaucoup moins virulents. Ils n'ont toutefois pas tenté de dissuader leur complice déchaîné.

«J'ai eu beaucoup de chance car des élèves et des collègues de mon école sont venus à mon secours».

Sans cette intervention courageuse, Benjamin aurait sans doute de bien plus lourdes séquelles. «J'ai une fracture du coude, le genou et le coude enflés, et de nombreuses contusions. Je tiens vraiment à remercier mes élèves».

Mais qui sont ces agresseurs? «Ce ne sont pas des élèves de l'école, il faut être très clair là-dessus. Ce sont des jeunes que j'avais déjà vus traîner en rue et dans le métro».

Bien évidemment, l'aide apportée par les élèves et les enseignants ont provoqué la fuite des voyous. Mais suite aux nombreux témoignages, ils ont été identifiés. Leur arrestation ne serait qu'une question d'heures...

«Vous savez, depuis que j'ai repris la direction de cette école, il y a dix ans, il n'y a jamais eu aucun problème avec mes élèves», précise le préfet Bernard Andries. «Et pourtant, c'est une école à Molenbeek!», ironise-il, lui qui précise qu'au contraire, ces élèves tant de fois mis sur la sellette n'ont pas hésité une seule seconde lorsqu'ils ont vu l'agression. «Nos élèves ont été très choqués par cette agression gratuite». Ils ont d'ailleurs été très nombreux à contacter le professeur. «J'avoue que mercredi, juste après l'agression, j'étais vraiment choqué. Mais quand je vois le soutien apporté par les élèves, mes collègues, la direction et même la police, je suis vraiment touché».

Blessé à de multiples endroits, Benjamin ne redonnera pas cours de sitôt. «J'ai cinq jours d'incapacité de travail, mais le médecin m'a déjà avisé qu'au terme de ce délai, il allait sans doute prolonger mon absence».

© La Dernière Heure 2006