Faits divers

De gros antécédents psychiatriques, un lourd passé de drogue, rien pour rassurer.

Une attaque au couteau sur des victimes au hasard de la foule a-t-elle été évitée lundi matin à la gare du Midi, comparable à celle qui s’était déroulée la veille sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille, lors de laquelle deux jeunes femmes furent tuées aux cris d’Allahou Akbar?

Les enquêteurs retrouvent chez Benaïssa A. cueilli à la gare du Midi à sa descente du train où il avait hurlé Allahou Akbar, le profil d’une grande instabilité qui fait poser la question et craindre qu’on a peut-être en effet évité le pire.

Comme le Tunisien de 29 ans qui a tué dimanche Laura et Mauranne à Marseille, l’homme de 43 ans porteur d’un couteau de 28 cm, est “bien connu” de la justice pour des faits de stupéfiants, a des antécédents psychiatriques et est sans profession, socialement isolé.

Domicilé dans la commune bruxelloise de Saint-Josse, Benaïssa vit d’allocations de remplacement de revenus versées par la Vierge Noire au titre de personne handicapée. Ses premiers démêlés avec la justice datent de 1991. Cela fait donc plus de vingt-cinq ans qu’il additionne les dossiers de vols et drogues. En 2007, Benaïssa A. a écopé d’une condamnation de 15 mois en 2016 encore, d’une autre de 37 mois pour faits de stupéfiants.

Entre chaque, l’homme a fait plusieurs séjours en psychiatrie.

Les témoins rapportent que dans le train, l’homme aurait crié que les nazis n’avaient pas tué suffisamment de monde et qu’il allait terminer le travail. Selon les enquêteurs, Benaïssa A. a de façon certaine hurlé à tue-tête “ Allahou Akbar, on va vous tuer”.

C’est par la suite, lors de l’interpellation à sa sortie du train, qu’il est apparu qu'il portait un couteau caché sur lui. Lorsqu’il tenait ces propos dans le train, le couteau n’était pas exhibé. Personne n’a physiquement été agressé.

Le parquet fédéral ne s’est pas saisi du dossier. Pour le placer sous mandat d’arrêt, le juge d’instruction l’a inculpé de participation aux activités d’un groupe terroriste ainsi que pour port d’arme prohibée. Aucun lien n’est établi à ce stade avec d’éventuels comparses.

Et hier à 9 h, la chambre du conseil de Bruxelles a confirmé le mandat d’arrêt et la prolongé pour la durée d’un mois. Les ”mots en l’air” d’un déséquilibré? Avait-il l’intention de passer à l’acte ? Personne sauf lui ne le saura sans doute jamais. La seule certitude, c’est la bonne réaction des témoins. Pour le reste, la justice va désigner un expert psychiatre à qui il reviendra d’estimer le degré de dangerosité.