Qui sont vraiment les trois frères Abdeslam? (PORTRAIT)

V. S., J. Th. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Pyromane à 14 ans, Brahim s’en est aussi pris à un échevin molenbeekois suite à la perte du logement social de la famille.

Dans la fraterie Abdeslam, Brahim (*) était loin d’être le fils modèle. Très tôt, il a eu des démêlés avec la justice. Tout commence en 1998, alors qu’il n’a que 14 ans. Avec un ou plusieurs de ses frères, il boute le feu à la maison familiale. L’habitation ainsi que la demeure voisine seront ravagées par les flammes. La famille se tourne alors vers la commune et obtient du bourgmestre de l’époque, Philippe Moureaux, un logement social. À l’époque, il n’y avait pas encore d’échevin en charge de cette matière à Molenbeek. Comme il a 14 ans à au moment des faits, Brahim s’en sort sans casier judiciaire. Il commettra d’autres faits répréhensibles, sans gravité au regard des actes de terrorisme commis vendredi dernier à Paris.

C’est ainsi qu’en 2010, Brahim avait passé quelques jours en prison pour vols de documents dont des cartes d’identité, à la commune de Forest. Le juge l’avait relâché en raison de ses opportunités de reclassement dans l’horeca. Il avait été défendu à l’époque par Me Martins.

© DH
Brahim - Kamikaze à Paris, pyromane à 14 ans (DH)


En 2012, le dossier de la famille est réexaminé, comme celui de l’ensemble des bénéficiaires d’un logement social. À la commune, on se rend alors compte que la famille jouit de revenus annuels nets imposables de 104.000 €. Dans ces conditions, plus question de bénéficier d’un logement social.

L’ordre de quitter la propriété communale est alors ordonné à la famille, mais Brahim ne l’entend pas de cette oreille. Il se rend à la commune et s’en prend à un échevin dont il défonce littéralement la porte.

À la maison communale, on comprend assez mal ce qui a pu pousser Brahim et son frère Salah à se livrer à une telle barbarie dans les rues de Paris. "On est loin des clichés de la famille dont les enfants sont en décrochage scolaires. Brahim et ses deux frères, ainsi que leur sœur, ont tous été à l’école. Ils semblaient avoir trouvé une situation, exerçant différents métiers. Leurs revenus prouvent aussi qu’on est loin d’un foyer vivant dans le besoin. Ce qui s’est produit est impensable. Aux yeux de tous, c’était une famille sans problème."


Le bar à drogues de Brahim

Jusqu’il y a peu, Brahim, le terroriste molenbeekois qui s’est fait exploser vendredi à Paris, tenait Les Béguines , un bar situé dans la rue du même nom, à proximité du stade Edmond Machtens, et dans lequel étaient vendus des stupéfiants en grande quantité. Le trafic était devenu si peu discret et si problématique pour le voisinage que la commune a fait fermer, il y a à peine 10 jours, l’établissement. "Des voitures faisaient des allers-retours devant jusqu’à 2 ou 3 h du matin. On n’avait jamais la paix" , assure le voisinage. "Avec Brahim, on fumait des joints et on sortait comme tout le monde. On ne faisait rien de grave. Brahim, c’était une crème" , assure un ses amis de quartier, traînant devant le bar lundi après-midi. "Il avait revendu ce bar depuis des mois" , ajoute-t-il.


Mohamed, l’employé communal apprécié

Le frère de Salah et de Brahim Abdeslam, qui travaille au service Démographie de la commune, a exprimé le choc de la famille.

"J’ai été accusé de participer à des actes de terrorisme suite à ce qui s’est passé à Paris. Je suis effectivement un des frères… Mais en aucun cas, je n’ai été lié de près ou de loin à une quelconque intervention de ce qui s’est passé vendredi" .

Alors qu’il sort de 36 heures de garde à vue, Mohamed Abdeslam ne cache pas son émotion lorsqu’il s’adresse lundi soir aux caméras de télévision, devant son domicile. Parlant lentement et semblant chercher les mots justes pour faire passer son message, celui qui est le frère du suspect en fuite Salah, et de Brahim, qui s’est fait exploser vendredi à Paris, confirme ce que tous les médias évoquent depuis le début de la journée : il est bien employé communal "Cela depuis plus de 10 ans et je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit. Beaucoup de gens savent ici de quoi je suis capable et de quoi je ne le suis pas" , insiste le Molenbeekois.

"J’avais un alibi vendredi soir et il y avait très peu d’éléments pour me retenir plus longtemps. Madame la juge a pris ses responsabilités. Elle m’a libéré sans condition" , a ajouté un Mohamed fort secoué.

© DR
Mohamed - Relâché sans inculpation: "Ma mère souffre aussi"


De fait, 36 heures d’interrogatoire et un membre de la famille qui se fait exploser lors d’un attentat terroriste sont autant de coups de massue pour une personne, qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a rien à se reprocher.

Contrairement à ses deux frères, Mohamed Abdeslam menait une vie rangée tant d’un point professionnel que personnel. "C’est quelqu’un de posé et d’ouvert, il est tranquille, et aime également bien faire la fête", glisse son cousin. "Il sort d’ailleurs avec une Européenne qui a des convictions catholiques. C’est vraiment quelqu’un de branché, il passe bien, il a un beau visage et il est bien habillé" .

Si Mohamed a une relation sérieuse avec une jeune femme, il est également posé sur le plan professionnel, travaillant comme fonctionnaire à la commune de Molenbeek depuis presque dix ans. C’est en 2006 qu’il est engagé par l’ancien bourgmestre Philippe Moureaux, pour lequel il organise les permanences au sein du cabinet. Il y reçoit notamment les habitants de la commune.

Après les élections de 2012, la libérale Françoise Schepmans s’empare de l’écharpe mayorale, reléguant le PS dans l’opposition. Mohamed Abdeslam est, lui, envoyé dans les bureaux du service Démographie. Depuis peu, il occupait une fonction au sein du service Étrangers, situé 7 rue du Niveau, à côté de la station de métro Comte de Flandre.

L’administration communale n’a absolument rien à reprocher au frère de Salah et de Brahim Abdeslam, assurant que sa compagnie est agréable. "Tout se passe bien avec lui. Vendredi, il était d’ailleurs comme chaque jour à son poste. On n’a rien à lui reprocher !" , insiste Ann Gilles-Goris (CDH), l’échevine en charge de l’État civil et de la Démographie.

De son côté, Mohamed indique que lui et ses parents ont découvert le drame de vendredi à la télévsion. "Nous sommes une famille ouverte qui n’a jamais eu de problème avec la justice. Mes parents sont sous le choc. Ma mère souffre aussi", explique-t-il.


Salah Abdeslam: le parcours chaotique de l’ennemi public N°1

Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir participé aux attentats de Paris, est toujours introuvable.

"Comme tout le monde, je le croisais de temps en temps. Il était poli et discret, et ne ressemblait pas du tout à un terroriste. On est évidemment choqué dans le quartier", explique Mohamed, 40 ans, le voisin de la famille Abdeslam.

Dans le quartier, tout le monde semble d’accord : Salah Abdeslam, devenu l’homme le plus recherché du pays, ne présentait en rien l’apparence d’un terroriste s’apprêtant à commettre un massacre. "Il n’était pas suivi par nos services", confirme Olivier Vanderhaegen, le fonctionnaire de prévention de la commune, chargé de détecter et empêcher les éventuels départs vers la Syrie.

Salah Abdeslam, dont la famille est originaire de la petite bourgade marocaine de Bouyafar, à l’est de Tanger, semblait, jusqu’il y a peu, mener une vie relativement banale. Chaque été, le jeune Molenbeekois accompagnait sa famille au bled, tandis que, le reste de l’année, il sortait de temps en temps dans les boîtes de nuit de la capitale. " On passait du temps au café, on regardait la Ligue des Champions. Son truc, c’était le foot ! Il vivait sa petite vie comme tous les jeunes… Il était tranquille" , assure à la DH un de ses amis. "Quand nous parlions éventuellement de terrorisme, de kamikazes, on en rigolait. Cela ne nous touchait pas, cela ne nous concernait pas !"

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Salah - sa traque infernale continue. Ses copains témoignent. 


Aujourd’hui pourtant, celui qui habitait en face de la maison communale de Molenbeek est introuvable, et soupçonné d’avoir participé vendredi dernier aux attentats de Paris. Et si son voisinage se dit stupéfait, l’organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) tenait bel et bien le jeune Molenbeekois à l’œil.

Salah Abdeslam faisait en fait partie d’une liste de 800 personnes ayant attiré l’attention des autorités pour leurs liens avec les combattants en Syrie, a rapporté lundi le magazine MO .

Si les parts d’ombre restent nombreuses, le parcours du jeune Salah se dévoile progressivement. Un parcours entaché de difficultés tant d’un point de vue scolaire que professionnel. C’est avec un diplôme technique ou professionnalisant que le jeune Molenbeekois a finalement pu être embauché en septembre 2009 par la Stib, laquelle employait déjà son papa comme conducteur de tram. Salah travaille alors comme technicien de maintenance dans des trams.

À ce moment-là , le jeune homme présente un casier judiciaire vierge puisqu’un certificat de bonne vie et mœurs est requis pour intégrer la société de transports en commun bruxelloise.

Reste que le jeune homme ne fera pas de vieux os à la Stib. Multipliant les absences longues et injustifiées, il est licencié au bout de 18 mois. Depuis lors, il fréquentait la mission locale de l’emploi pour tenter de trouver un emploi, tout en sortant en soirée dans des bars de la capitale. "C’est un type posé qui était apprécié par les filles. Un type comme tout le monde. De temps en temps, on fumait un petit pétard et on sortait dans les boîtes à Bruxelles pour s’amuser", explique un de ses amis.

Vendredi soir, Hamza, un ami à lui et son frère Brahim, habitant pas loin du Mettewie, reçoit un coup de fil, une quinzaine de minutes après le début des attentats en France. "Salah a dit qu’il avait une panne d’essence à Paris et qu’il fallait aller le chercher. Hamza y a été. Dans le quartier, quand on demande un service, on le rend, c’est tout", a affirmé lundi après-midi une connaissance des Abdeslam, juste devant le bar de Brahim.


V. S., J. Th.

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