Faits divers Une enquête est ouverte, deux cas sont recensés, les victimes ne veulent pas parler.

Une enquête est en cours au palais de justice de Namur afin d’éradiquer les rackets qui ont lieu sur les personnes placées sous administration de biens. Selon des sources bien informées, ces rackets ont lieu après que les personnes placées sous administration provisoire ont touché leur argent de poche pour la semaine.

Selon la porte-parole du parquet de Namur, Mme Charlotte Fosseur, deux cas ont été observés par les services du palais de justice. "L’enquête s’annonce difficile car les victimes refusent de parler par crainte de représailles", a-t-elle tenu à préciser.

L’argent leur est remis dans une petite agence bancaire discrète qui appartient au groupe ING, un réduit de quelques mètres carrés. À l’origine, ce mini établissement était destiné aux avocats gestionnaires de personnes placées sous tutelle. Aujourd’hui, le juge de paix est seul habilité à placer une personne vulnérable sous tutelle. Avec l’avocat chargé de l’administration des biens, il peut décider d’octroyer une certaine somme à la personne mise sous tutelle.

Et c’est après la remise des sommes octroyées, une centaine d’euros tout au plus à chaque fois, que des scènes d’intimidation et de racket ont lieu, soit à la sortie de l’agence, soit sur la place du Palais de justice toute proche. Ces faits se déroulent entre démunis, certains voulant faire régner la loi de la rue dans des lieux consacrés à la justice. Au moment de la remise de ces sommes, les prises de bec sont légion entre les plus démunis, certains cherchant des fonds pour financer leur consommation d’alcool ou de stupéfiants de la semaine. Et visant dans ce cadre ceux qui ne pourront pas riposter, de peur de se faire frapper. Il n’est donc pas rare de voir désormais des bénéficiaires se faire accompagner de proches lors de leurs démarches.

La porte-parole du parquet précise encore ceci : "Nous ne pouvons pas placer une surveillance accrue, sinon le phénomène risque de se déplacer, par exemple, en dehors du palais de justice."

Le problème est complexe car outre les deux cas observés un peu par hasard par les services du palais de justice, deux personnes qui auraient été rackettées à plusieurs reprises, d’autres faits se seraient déroulés, mais ils n’ont pas pu être constatés. Le nombre de cas du genre est donc difficile à chiffrer, mais le problème est bien réel et pris au sérieux.