Faits divers

Une opération de police à Bruxelles a mené à l'interpellation de 47 prostituées originaires des quatre coins du monde

BRUXELLES La nuit, dans certaines artères de la capitale, il y a des embouteillages pas possibles. Il faut dire que les automobilistes qui y circulent ont leur attention plus attirée par la population piétonne que par leur propre conduite.

Ces quartiers sont en effet le théâtre d'une prostitution sauvage et racoleuse et constituent les rendez-vous incontournables des nuits chaudes de la capitale. Outre l'avenue Louise, la rue des Commerçants ainsi que le boulevard Albert II figurent en bonne place.

C'est sur ce dernier boulevard que se trouvent les sièges de Belgacom, de Proximus, du gouvernement flamand et, ironie du sort, l'Office des étrangers.

Et c'est là que, mercredi soir, la police de la zone de Bruxelles-Capitale-Ixelles a mené une vaste opération de contrôle qui s'est soldée par l'interpellation de 47 personnes.

Des interpellations qui confirment plusieurs tendances de la prostitution dans la capitale aujourd'hui.

La première est la mainmise de la mafia bulgare sur le secteur. Celle-ci a désormais supplanté son homologue albanaise. Mercredi, ce sont pas moins de 24 filles originaires de Bulgarie qui ont été interpellées.

Deuxième tendance, un peu à l'instar du bois de Boulogne dans le passé à Paris, le boulevard Albert II est le rendez-vous des travestis et transsexuels sud-américains. Ce sont ainsi 17 Equatoriens qui ont été interpellés.

Enfin, la prostitution n'a décidément aucune frontière puisque, parmi les interpellées, on compte également des filles originaires d'Ukraine, du Gabon, de la Sierra Leone, de Roumanie, d'Italie et d'Allemagne.

Le sort de toutes ces prostituées n'est pas encore connu, mais il est vraisemblable que, pour la plupart, une expulsion soit inéluctable.

Ce genre d'opération est menée assez régulièrement par la police de la capitale. Des opérations au cours desquelles la cellule moeurs tente de repérer des filles qui auraient envie de leur parler de leur souteneur, du milieu, des choses qui leur permettraient d'être mises sous la protection de la loi protégeant ces femmes du trafic des êtres humains.

© La Dernière Heure 2003