Faits divers Un antiquaire belge a permis, en dénonçant leur trafic, que deux Français soient jugés dans leur pays

VANNES Le procès de deux receleurs se tient actuellement devant un tribunal français, à Vannes, dans le Morbihan. Cela n'a rien d'exceptionnel en soi, sinon que si cette affaire a pu aboutir devant la justice, c'est grâce à un antiquaire belge. Un de ses fournisseurs lui a revendu de la marchandise dont il doutait de la provenance.

Il a donc averti les autorités et la section arts et antiquités de la police fédérale a remarqué que certaines pièces provenaient de quatre cambriolages effectués dans des châteaux du Morbihan entre juillet 2002 et octobre 2003. Des vols estimés à plusieurs milliers d'euros et constitués de tableaux, de mobilier des XVe et XVIIIe siècles, de la porcelaine Ming, des tapisseries murales, des sculptures et bien d'autres choses encore.

Les deux hommes qui seront fixés sur leur sort le 15 février prochain ont une ligne de défense limpide. Jean-Claude, 62 ans, comparaît pour recel d'objets volés mais est un habitué des tribunaux puisqu'il totalise pas moins de quarante années de condamnations diverses et variées. Son complice, François, 40 ans, n'est pas un inconnu de la justice non plus. Tous les deux prétendent ne pas savoir d'où venaient les objets. Cela n'a pas empêché le procureur de requérir quatre ans de prison ferme.

Plaque tournante

La justice française peut s'estimer heureuse de pouvoir juger ces deux individus. En effet, la législation belge est floue en matière de recel et fait ainsi de la Belgique une véritable plaque tournante car, chez nous, on n'exige pas la traçabilité des oeuvres d'art.

Cela signifie qu'une oeuvre volée en France peut être revendue chez nous en toute impunité: l'acheteur ne doit pas en connaître la provenance.

Sans le zèle de cet antiquaire belge, cette affaire n'aurait pas éclaté. Mais nul doute qu'elle n'aurait pas abouti non plus sans le soutien de la cellule arts et antiquités de la police fédérale. Cette cellule très spécialisée bénéficie d'une expertise reconnue internationalement et liée à une longue pratique.

Par la force des choses et de la loi, nos policiers doivent être particulièrement vigilants à tout ce qui se passe sur le marché de l'art sur notre territoire.

© La Dernière Heure 2005