Faits divers L'automobiliste, un étudiant français, avait poursuivi sa route

LIÈGE Plongée dans la tristesse et l'inquiétude depuis le week-end dernier, la famille de Marie-Louise Pinet, cette dame âgée de 66 ans ayant été renversée samedi en début de soirée dans la rue Sainte-Walburge, y croyait encore jusque mercredi. Mais après être restée dix jours dans le coma, Marie-Louise s'est finalement éteinte à la suite d'un traumatisme crânien.

Ce jour-là, la malheureuse traversait la chaussée lorsqu'elle a été heurtée par une voiture conduite par un étudiant français de 20 ans kotant à Liège. Après avoir poursuivi sa route, il avait déclaré le vol de son véhicule avant d'avouer qu'il était bien au volant mais qu'il pensait avoir percuté un animal ou une poubelle. C'est ce comportement que ne peuvent comprendre les proches de la victime. Et ce n'est pas la lettre d'excuse du jeune Français adressée à Marie-Louise elle-même, peu après son hospitalisation, qui pourrait y changer quoi que ce soit.« Ce qui me choque le plus, c'est la mauvaise foi du conducteur. Non seulement il commet un délit de fuite mais il déclare en plus que son véhicule lui a été volé. Et après il dit qu'il est désolé: eh bien cela ne tient pas la route », dénonce Alain Melon, le fils aîné de Marie-Louise Pinet. « Je ne crois pas en sa sincérité mais pense plutôt qu'il a voulu sauver sa peau en écrivant cette lettre

Très touché par la perte de sa maman de façon si brutale, Alain ne peut que se demander comment cela se fait-il que les conducteurs inconscients ou adoptant ce type de comportement ne soient pas sanctionnés à la hauteur des souffrances qu'ils infligent. C'est pourquoi il compte bien faire entendre sa voix dans l'espoir d'atteindre, ne serait-ce que très légèrement, les décideurs politiques de notre pays.

© La Dernière Heure 2004