Faits divers "Comme Colombo, je me déplace volontiers sur le terrain. Quand la police ne démarre pas l’enquête, je fais le job, je cherche des preuves".

"Vous me verrez rarement au palais." À 67 ans, l’avocat Roger Luyckx est un oiseau rare au barreau. Cet ancien magistrat, dont la carrière a débuté dans les années 1970 comme stagiaire du grand pénaliste José Vander Veeren, a développé une approche unique : "Je travaille un peu à la Colombo, c’est-à-dire que pour mes clients, je n’hésite pas à faire mes propres enquêtes, au besoin à récolter des témoignages, comme cela se pratique dans la procédure anglo-saxonne. Je le fais en toute loyauté, en tenant compte de la présomption d’innocence. Dans un dossier que je traite actuellement, qui concerne la patronne d’un café, j’ai cherché des témoignages pertinents, pour faire éclater la vérité, et j’ai agi ainsi parce que la police refusait de démarrer l’enquête".

Avocat depuis toujours, Roger Luyckx, du barreau de Bruxelles, a dû procéder ainsi dans une dizaine de cas, à chaque fois qu’il estimait devoir démontrer le manque d’impartialité d’un service de police. "Ce n’est donc pas habituel, heureusement. Mais il m’arrive de constater qu’un dossier est tronqué, souvent pour des motifs, je dirais, de corruption morale, la crainte du politiquement incorrect ou de préserver l’establishment ."

Pour Luyckx, la justice "n’est pas la solution au problème, mais une part du problème".

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