Faits divers Les enquêteurs craignent que la cité de Clovis ne devienne une plaque tournante pour le trafic de drogue

TOURNAI De mémoire de policier tournaisien, une telle quantité d'héroïne n'avait jamais été saisie dans la cité des Cinq Clochers. Mercredi, la cellule stups du Ser (Service d'enquête et de recherche) de la police locale de Tournai a démantelé un très important trafic de drogue. 2,160 kilos d'héroïne (13 euros le gramme), 400 grammes de cocaïne (45 euros le gramme), un kilo de produits de coupe, une somme de 6.000 euros ainsi qu'une balance de précision ont été saisis dans un appartement de la rue de la Madeleine, au coeur de la cité de Clovis.

«Il s'agit de la plus importante prise d'héroïne jamais réalisée à Tournai», a commenté le premier substitut du procureur du Roi du parquet de Tournai, Jean-Bernard Cambier. «Ce constat est très alarmant car notre arrondissement semblait épargné, jusqu'il y a peu, par le grand banditisme.» On se souvient effectivement du démantèlement, il y a quelques semaines à Tournai, d'une bande liée à la filière montoise.

Cette fois, bien que toute la lumière sur l'identité des auteurs n'ait pas encore été faite, il s'agirait d'une bande maghrébine. Mercredi, quatre personnes ont été interpellées, dont trois Marocains et une Algérienne.

«Une personne qui semble être le chef de la bande, mais qui nie tout en bloc, se chargeait des contacts téléphoniques avec les clients qu'elle envoyait à une adresse. Il s'agissait souvent d'appartements loués pour de courtes périodes. Quatre adresses ont été repérées sur Tournai», précise le premier substitut. «La clientèle, principalement française, achetait la marchandise et certains consommaient sur place.»

Lors de la perquisition, deux dealers se trouvaient dans l'appartement de la rue de la Madeleine ainsi qu'un client. Le chef présumé de la bande et sa compagne ont également été interpellés. C'est suite à l'observation d'un manège régulier d'acheteurs que le dispositif policier a été mis sur pied et a permis, mercredi soir, d'investir les lieux.

© La Dernière Heure 2003