Faits divers

L'avocat de 4 employés du palais de justice va assigner la greffière en chef afin qu'elle remette les décorations

BRUXELLES Le moins que l'on puisse écrire, c'est que notre article sur les décorations de Noël enlevées à l'accueil du palais de justice de Bruxelles à la demande de la greffière en chef a fait du bruit. Un tollé même !

Jeudi, des membres du personnel nous avaient exprimé leur indignation après avoir reçu l'ordre d'enlever les décorations de Noël pour ne pas heurter une partie de la population qui fréquentait le palais, les musulmans. Nous nous étions rendus sur place afin d'interroger la greffière en chef. L'accueil fut ferme. Pas de réponse.

À la lecture de notre article, les réactions n'ont pas manqué. De toutes parts. Tant du côté des avocats qui confirment et s'indignent que de la ministre de la Justice Laurette Onkelinx qui dément. "Il n'est pas question de supprimer les sapins et autres décorations de Noël. Seules quelques décorations ont effectivement été retirées à l'accueil, pour des raisons de visibilité et de sobriété. Dont acte...

Mais alors, que vient faire Jean-Paul Dumont dans l'histoire ? "Je suis l'avocat de quatre employés de l'accueil, dont deux sont musulmans", précise-t-il en confirmant mot pour mot notre article de la veille. "Mes clients ont été convoqués par la hiérarchie de la Cour de cassation et on leur a dit qu'il fallait retirer ces décorations car le palais est un endroit neutre et cela pourrait choquer la communauté musulmane qui fréquente régulièrement les lieux."

Toute cette histoire, qui devient surréaliste, a comme point de départ un ordre isolé donné par la greffière en chef qui souhaitait ne pas heurter. "Pourtant, ce sont mes clients, dont deux sont musulmans, je le répète, qui ont acheté les décorations avec leurs sous. Soit 52 euros. Il s'agissait de petits sapins, de boules et de guirlandes." Seul reste un minuscule sapin. Le reste a été mis au placard.

"Après avoir reçu l'autorisation du bâtonnier de l'ordre, nous comptons assigner la greffière en chef en référé afin que l'on puisse rétablir les sapins de Noël dans l'urgence !", précise Me Dumont qui précise que ses clients ont peur de perdre leur travail . "Ce sont des chômeurs engagés en plan Activa et Rosetta."



© La Dernière Heure 2007