Faits divers Le ministre Dermagne (PS) attend des conclusions rapides de cet expert : il prendra ensuite des mesures.

Le scandale qui vise l’ISPPC a été débattu ce mercredi au Parlement wallon. Interpellé par Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR, le ministre des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), a proposé une mesure rapide : l’envoi d’un manager de crise. "La décision a été prise avec le gouvernement. Ce manager de crise sera chargé de faire l’audit du processus de gestion interne de l’ISPP C", a déclaré le ministre Dermagne. "Il devra également mener un audit en ce qui concerne les faits dénoncés. Le manager de crise sera nommé dans les plus brefs délais pour qu’il puisse faire son rapport rapidement. En fonction de ses conclusions, nous prendrons des mesures, en mettant éventuellement en place des tutelles beaucoup plus spécifiques."

Pierre-Yves Dermagne précise qu’il n’a pas nommé de commissaire spécial, comme peut le prévoir le code wallon, afin d’agir le plus rapidement possible. Le manager de crise devra avoir une grande connaissance du milieu des intercommunales et être indépendant. "Il pourrait par exemple s’agir d’un inspecteur des finances", précise Pierre-Yves Dermagne.

Reste qu’à la suite du précédent scandale (les doubles jetons de présence) qui avait frappé l’ISPPC, un premier rapport avait déjà été demandé par le ministre. Les résultats ne lui ont pas encore été communiqués. "Quand je vois le nombre d’heures que nous avons passées à réclamer la clarté sur ces intercommunales… Si votre prédécesseur et votre parti n’avaient pas si souvent balayé nos arguments, on n’en serait peut-être pas là", a lancé Pierre-Yves Jeholet. "Je retiens que la tutelle aurait pu voir ce qui se passait."


Une semaine pour régler le cas Lejeune

Si besoin, l’intercommunale ira jusqu’au litige avec son directeur.

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux vient de l’annoncer : un manager de crise va débarquer à l’Intercommunale de santé publique du Pays de Charleroi (ISPPC). Un désaveu pour l’administrateur général Laurent Levêque, qui s’était engagé à "remettre de l’ordre" ?

"Nous ne serons pas trop de deux pour régler les contentieux et problèmes qui minent l’institution", commente ce dernier. Lors d’un bureau convoqué en urgence, deux points ont été débattus ce mercredi.

Le premier par rapport à l’attitude de l’ISPPC face aux dénonciations. "Si un dossier a été transmis au parquet, nous avons décidé de nous constituer partie civile auprès d’un juge d’instruction", indique le président MR Nicolas Tzanetatos.

Comme on le sait, l’office central de répression de la corruption travaille sur des suspicions de malversations. Un magistrat va ainsi être appelé à reprendre la direction de l’enquête. "Nous aurons accès au dossier dans un mois. Dans ce cadre, nous allons également désigner un bureau d’avocats pour nous accompagner dans cette procédure."

Deux : l’administrateur général a été mandaté pour poser trois questions au directeur des hôpitaux Philippe Lejeune. Est-il prêt à sortir de la convention qui lie sa société à l’ISPPC pour s’engager dans un nouveau contrat de travail en personne physique ? Est-il prêt à rentrer dans les clous du plafond imposé par le futur décret wallon sur les rémunérations des managers des intercommunales hospitalières ? Autrement dit, accepte-t-il de revoir à la baisse le montant de ses rémunérations brutes annuelles qui passeraient de 334.000 à 302.000 euros ? Enfin, est-il prêt à discuter du cumul de son mandat de bourgmestre PS de Merbes-le-Château, et à y renoncer si la législation le lui impose ?

Sans des "oui" inconditionnels à chacune de ces questions, la discussion s’arrêtera là. "Nous irons alors vers un litige ouvert", résume Tzanetatos. "Dans le cas inverse, un rendez-vous est pris avec le bureau pour la semaine prochaine, afin de renégocier."

Quant à la récupération des créances de soins et de consultations, "nous allons préparer un marché public d’huissiers", indique Laurent Levêque. Le contentieux se chiffre à 3,8 millions € dont 0,7 recouvrés par l’huissier Demine qui s’est donné la mort sans jamais les reverser à l’institution. "Il existe une assurance professionnelle pour couvrir ces manquements." Si bien que toute la somme devrait être remboursée.