Faits divers L’homme qui était chargé de recevoir les plaintes pour harcèlement sexuel à la KUL est licencié pour des faits similaires.

"Tu reçois 15 euros si tu viens dans ma chambre". Johan M., 47 ans, collaborateur de la KUL, l’Université catholique de Louvain, semble porté sur les câlins. Pour quelques candidats ingénieurs, la mesure était comble après un voyage en Chine en avril dernier. Au moins quatre étudiants ont dénoncé le comportement de celui qui était chargé de la coordination entre les étudiants et l’administration de l’enseignement. Il demandait ainsi aux jeunes gens de regarder Temptation Island en sa compagnie dans sa chambre d’hôtel.

Pas évident, car le quadragénaire était aussi délégué syndical. Les dénonciations furent aussitôt prises au sérieux. Début juin, il y eut une audition dans le bureau du vice-recteur. Il a été question d’un groupe de discussion sur WhatsApp dont faisaient partie 17 étudiants.

Durant le voyage, M. s’était introduit dans ce groupe sous son surnom Hanny. D’après lui, il s’agissait de contrôler ses étudiants, mais ses messages font apparaître une autre vérité.

Quand un étudiant postait "sexe" dans le groupe, M. répondait : " Je vous attends".

L’intéressé a fait des déclarations mensongères au sujet de ces messages alors que tout était écrit noir sur blanc. "Tant qu’il n’y a pas eu de rapport sexuel dans ma chambre et que je n’ai pas touché aux organes génitaux des étudiants, tout est en ordre", s’est défendu M.

Trois semaines après son audition, il recevait une convocation pour le tribunal du travail de Louvain en vue de son licenciement. Entre-temps, l’homme ne devait plus avoir de contacts avec les étudiants. En première instance, au mois d’août, M. a été acquitté. Des fautes de procédure et des déclarations contradictoires d’étudiants ont été relevées dans le jugement.

L’université a fait appel auprès de la cour du travail, à Bruxelles, où la plainte a été déclarée fondée vu la liste impressionnante de témoins.

M. a donc été licencié après une carrière de vingt ans. Il avait commencé en 1992 comme doyen des affaires étudiantes mais il n’a pas vraiment fait honneur à sa fonction.

Sur Facebook, on a vu apparaître, ces derniers temps, une page intitulée Groep T Confessions où des étudiants évoquent les étranges pratiques de leur doyen.

M. partait souvent en voyage au ski avec le groupe et partageait sa chambre avec d’autres étudiants. Il a même essayé d’embrasser l’un d’eux. Des étudiants en première année ont également été forcés de boire de l’alcool sur son corps.

D’autres faisaient appel à lui parce qu’il avait accès aux résultats des examens et qu’il complétait le programme des cours.

Impossible d’affirmer cependant qu’il aurait pu falsifier les résultats.

Les deux parties se sont refusées à tout commentaire.