Faits divers

Un ancien OSA, porte-parole et agent de renseignement, a été entendu ce vendredi sur les enquêtes qu’il aurait menées en Belgique.

Martin Weightman (*), ancien OSA (Office of special affairs), s’exprime en langue anglaise et a répondu durant trois heures aux questions du président Régimont et du procureur fédéral Caliman. Un long interrogatoire que ce Britannique de 63 ans a passé sans dévier de sa ligne directrice : nier les infractions présumées. En répétant inlassablement ses mantras : "Je vais vous expliquer" et "Il faut comprendre le contexte" .

Plus que les autres prévenus, Weightman avait réponse à tout. Pas étonnant en tant qu’OSA. Ces officiers occupent une place bien particulière dans l’organigramme de la scientologie. Ils sont les porte-parole et ainsi les figures connues du public. Mais au-delà de ce rôle de chargé de communication, les OSA sont chargés du renseignement au sein de l’Église.

Lors des perquisitions menées dans les locaux de l’Église, Martin Weightman était présent. Selon les enquêteurs, il aurait "subrepticement" tenté de donner une disquette informatique à une femme avant de chercher à quitter les lieux. Cette disquette a été ensuite analysée par les enquêteurs.

"Elle était doublement codée, relève le président Régimont. Si on n’a rien à cacher, on ne crypte pas les informations !" Réponse : "Parce que des personnes auraient pu utiliser ces données. Il faut rappeler le contexte, à une époque où nous étions victimes de discrimination religieuse."

Sur cette disquette figuraient des informations sur les dosages des fameuses vitamines utilisées pour les cures de purification, ainsi que le danger du surdosage. Il y avait également un document de recherche d’emploi pour un poste de secrétaire d’un député européen. Le ministère public soupçonne l’Église d’avoir voulu pousser une scientologue pour ce poste.

De la même manière, le bureau de Weightman a été perquisitionné. On y a trouvé des articles de presse à charge sur le juge d’instruction détenteur du dossier. "Ce n’étaient que des articles", indique le prévenu. "Les enquêteurs pensent que l’OSA est une chose différente que ce qu’en dit M. Weightman", souligne le président Régimont, sans pousser plus loin.

Le magistrat fédéral Christophe Caliman le titille plus avant. Il n’obtient pas de réponses autres qu’une contestation frontale de son enquête. Les listings de magistrats et policiers indiquant leurs positions sociale et professionnelle ? À la question de savoir si le bureau européen de la Scientologie, dont était responsable Weightman, traitait des données à caractère personnel, la réponse de ce dernier est : "non".


(*) Nous publions son nom complet car, en tant que porte-parole, il occupait une fonction publique.