Faits divers Seyfi L. et Francesco P. reconnaissent avoir jeté des dalles depuis le pont de l’A503.

Grégory Aldruide avait 34 ans et était père de 4 enfants. La nuit du 14 décembre 2014, il circulait tranquillement sur l’A503 à Marcinelle lorsque la mort l’a fauché subitement. Une dalle, jetée depuis le pont surplombant la bretelle, a traversé son pare-brise et l’a tué sur le coup.

Une seconde plus tard, la pierre aurait probablement fini sur le toit de son véhicule et il serait toujours en vie…

La police a immédiatement intercepté deux jeunes de 16 et 17 ans, Seyfi et Francesco, qui zonaient dans le quartier. Le premier était d’ailleurs en fuite de l’IPPJ de Fraipont…

Vu la gravité des faits, une procédure de dessaisissement avait été enclenchée à l’encontre de ces mineurs, amenant les juridictions de la jeunesse à confier le dossier au tribunal correctionnel.

Une première audience avait démontré l’état vaseux de Francesco, accro aux stupéfiants. Une expertise psychologique avait d’ailleurs été demandée et ses résultats étaient attendus par le tribunal pour entamer les débats.

Ce jeudi, Francesco avait l’esprit un peu plus clair pour s’expliquer sur la prévention d’entrave méchante à la circulation qu’on lui reproche, avec la circonstance du décès de la victime. "On faisait les cons, madame la juge. J’étais en colère et je voulais l’évacuer. J’ai pas réfléchi. Il fallait que je casse des pierres. On en a trouvé pas loin, sur le chantier d’une maison, et on a fait des allers-retours. On s’est posté chacun d’un côté du pont. De mon côté, une voiture a éclaté un pneu. Puis, j’ai entendu le bruit d’un pare-brise qui éclate, du côté de Seyfi. On a vu la voiture faire un zigzag. On a attendu un peu, puis on est parti".

Seyfi reconnaît également sa participation aux faits. "J’avais bu et fumé du cannabis. À l’époque, j’étais en fugue de l’IPPJ et j’étais à la rue. Je n’étais pas dans mon état normal. En fait, je n’ai pas visé, mais c’est moi qui ai lancé le pavé qui a tué la victime. J’ai détruit toute une famille, mais je ne me rendais pas compte des risques que j’ai fait prendre aux automobilistes".

Une chose est certaine, les deux jeunes ont un profil chaotique. Quelques jours avant le drame, Francesco avait cogné sur un éducateur de l’école artisanale. Depuis, dit-il, il tente de réduire sa consommation de drogue et de trouver un job. Seyfi, lui, est sorti de prison il y a quelques semaines. Il avait effectivement été condamné à 40 mois de prison pour le braquage d’une bijouterie à Gilly, en 2017… Les parties civiles et le parquet prendront la parole le 29 mars prochain.