“Si tu me mets cette contravention, je tire !”

F. Sc. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Mario, 56 ans, s’est retranché chez lui, rue Vanderkindere, et a tiré à quatre reprises

UCCLE Trois heures de suspense insoutenable, pour de nombreux commerçants et riverains ucclois, mais aussi pour tous les policiers qui ont tenté de négocier avec le forcené qui s’était retranché chez lui, armé, au numéro 117 de la rue Vanderkindere, hier, vers 16 h.

Les raisons qui ont mené à ce fort Chabrol sont incompréhensibles : un agent de quartier était en train de mettre un P-V de stationnement sur la voiture de l’individu, un certain Mario, 56 ans. Hors de lui, l’individu, souffrant “de graves problèmes psychiatriques” selon le parquet, l’a menacé, à travers la fenêtre de son domicile : “Si tu me mets une contravention, je tire.” C’est ce qu’a entendu Michèle, 43 ans, une vendeuse dans un magasin de chaussures présente dès le début de la scène. “Il a proféré ces menaces du premier étage, au-dessus de la boulangerie Espagne . Il faisait de grands gestes avec un fusil à la main. Nous étions sidérés et avions très peur qu’une balle perdue puisse nous atteindre.”

L’homme armé, voyant que la police commençait à débarquer, aussitôt que l’agent de quartier l’ait appelée, a été pris de panique. Alors que sa compagne s’était enfuie dans la rue, rattrapée par les policiers, il a commencé à tirer. Les témoins ont entendu trois coups de feu qui n’ont heureusement blessé personne. Puis, un quatrième, à 17 h 49, alors que les négociations menées par les experts de la police fédérale étaient déjà en cours depuis une heure trente. Le dialogue pour tenter de le faire revenir à la raison n’a mené à rien.

Peu avant 19 h, la tension était à son comble lorsque la foule ainsi que toute la presse, amassées derrière les banderoles de sécurité, sentaient que l’assaut des forces d’intervention de la police fédérale (CGSU) allait bientôt être donné. D’après un commerçant, un sniper, s’étant installé en face du domicile où s’était retranché le forcené, a tiré une balle, qui a touché l’homme à la jambe gauche. Néanmoins, le parquet se refusait à confirmer cette information : “Un coup de feu a bel et bien été tiré par les forces spéciales mais un médecin légiste va analyser la blessure et en établir la cause, qui n’est pas encore déterminée.”

Ensuite, très vite, le périmètre de sécurité fut levé. Un calme apparent s’est rétabli dans le quartier. À l’heure d’écrire ces lignes, les policiers étaient toujours en train de chercher la douille du quatrième coup de feu. L’arme de l’énergumène – apparemment d’origine italienne – serait un “p.38 Smith&Wesson spécial” , de l’avis du bijoutier Léon Philip Rubin, déjà victime d’un braquage le 5 mars 2010 dans la même rue. À l’époque, Frédérique Lévêque, mère de trois enfants, avait été abattue d’une balle en pleine tête par l’un des braqueurs, qui voulaient s’enfuir au volant de sa voiture. À chaque fait divers se déroulant rue Vanderkindere, le spectre de sa mort revient à l’esprit de tous ceux qui ont été impliqués, de près ou de loin, dans ce drame.



L'auteur légèrement blessé

L'homme âgé de 56 ans, qui s'était retranché mercredi après-midi dans un appartement situé rue Vanderkindere à Uccle, a été légèrement blessé à la jambe lorsqu'il a été maîtrisé par les unités d'intervention de la police fédérale (CGSU), a indiqué jeudi le parquet de Bruxelles.

On ignore si sa blessure est due à une éraflure ou à une morsure de chien.

© La Dernière Heure 2012
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