Faits divers Les parties civiles épinglent Léon Lewalle

LIÈGE Le procès Smap poursuivant son petit bonhomme de chemin, la parole vient d'être donnée aux avocats de l'assurance liégeoise lésée, qui, vu ce qu'elle a récupéré, chiffre son manque à gagner à plus d'un milliard d'anciens FB, près de 25 millions d'€.

La partie civile s'est d'abord demandé si Léon Lewalle, 68 ans, pouvait faire valoir un droit de propriété sur les commissions et participations bénéficiaires amassées en Suisse. Dans la mesure où il négociait en tant que directeur général mandaté par l'entreprise, la réponse est clairement négative.

L'attitude adoptée voici bien des années par le co-prévenu Joseph Haverland, 89 ans, le PDG qui a précédé Léon Lewalle, est significative: il a longuement négocié avec la Smap une transaction au terme de laquelle il a remboursé 425 millions.

Un geste qui témoigne clairement que l'intéressé considérait ces fonds comme propriété de la compagnie. "Je suis conscient de mon manquement professionnel et j'en suis honteux tous les jours", avait-il en outre déclaré à la première audience.

Etayant cette preuve par Haverland, les avocats soulignent qu'après ses premières déclarations en forme d'aveux - mises ensuite sur le compte du désarroi de l'arrestation (juillet 94) -, Léon Lewalle, "avec une subtile complaisance", s'est mis à jurer qu'il avait violé la loi "dans l'intérêt de la Smap".

Lundi, on entend le réquisitoire.

© La Dernière Heure 2003