Faits divers Elle craint que la Justice classe le dossier. "Ne pas savoir, c’est épouvantable"

Depuis plus de 6 ans, Martine Maufort se bat pour retrouver le chauffard qui a pris la vie de son fils, David Collin (26 ans) lors d’un tragique accident de la route survenu sur la route Bastogne-Clervaux (province de Luxembourg). L’auteur a pris la fuite. Malgré l’étude de plusieurs pistes, il n’a jamais pu être formellement identifié. Depuis lors, cette maman se débat pour faire avancer l’enquête. Et ce n’est pas simple. "Je tiens une friterie et tous les jours je vois passer des dizaines de personnes : je me demande toujours si je ne suis pas en train de servir celui qui a tué mon fils. Celui qui a laissé mon fils mort sur la route, comme un chien, après lui avoir roulé sur la tête… Comme si de rien n’était", souffle Martine Maufort. "Je peux encore comprendre, après y avoir réfléchi des années, que, dans un mouvement de panique, une personne prenne la fuite. Mais après, on reprend ses esprits. On assume ses responsabilités. Et on se rend à la police ! Ça me dégoûte. Ces gens n’ont pas de remords."

Ce 29 septembre , le dossier passe au tribunal. "Ils vont décider de la possibilité d’étendre la partie civile. On me dit qu’ils pourraient décider d’abandonner les poursuites. Je le dis clairement : je ne l’accepterai jamais. Si j’abandonne ma recherche de la vérité, je meurs ! Je me bats depuis 6 ans. Je sens bien que je les embête… Mais zut ! Ils ont des devoirs. J’ai obtenu une reconstitution. Mais la Justice n’a rien fait sans que je doive le demander, insister encore et encore. Ce n’est pas mon métier. Je suis mère de famille, pas enquêteur !", reprend cette maman. "Nous avions des pistes, des suspects. Mais ils ont nié, et il n’y avait pas de preuve. Ce 29 septembre, c’est mon dernier espoir. Celui d’espérer un jour savoir qui a tué mon gamin. Si on m’enlève ça… Ne pas savoir, c’est épouvantable. J’ai la rage. Tant que je ne l’aurai pas trouvé, je continuerai à chercher."

D’autres familles ont tenté de mener le même type de combat. Comme la famille de Priscilla Teise, 21 ans, tuée à Hamois (province de Namur) dans un crash, suivi d’un délit de fuite. C’était en 2012. Cinq ans après les faits, malgré deux appels à témoins et une marche blanche, le mystère reste entier. Et les chauffards sont toujours dans la nature.

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