Faits divers L’interview de Stéphane Coszack, condamné à trois ans ferme avec arrestation immédiate mais... toujours libre.

Lundi passé le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné le très connu Stéphane Coszack à trois ans d’emprisonnement ferme, à 252.000 euros d’amende (ou trois mois d’emprisonnement subsidiaire) et à indemniser six personnes ayant travaillé pour lui ou ses sociétés, soit un peu plus de 12.500 euros de salaires qu’il leur doit. Le tribunal a en outre ordonné son arrestation immédiate.

Huit jours après la condamnation, les six s’étonnent d’apprendre que Coszack est toujours... en liberté. Exact : nous lui avons même longuement parlé hier. "Comment je vais ? Ben, pas trop, non, pas vraiment bien. J’ai l’impression d’être le criminel numéro un du pays", répond ce bon client des tribunaux qui n’hésite pas néanmoins à dénoncer un acharnement médiatique.

Au fond, pourquoi est-il libre alors qu’on l’a condamné à trois ans avec arrestation immédiate lundi passé ? "C’est une condamnation par défaut. Je n’étais pas à l’audience et j’ai déjà fait opposition. Pour l’instant, je suis à Lille. Mais le jour où je serai rejugé, je viendrai au tribunal à Charleroi. J’aimerais ajouter qu’on ne m’a pas condamné pour escroquerie, mais pour n’avoir pas versé les rémunérations, et l’on ne parle pas de quarante travailleurs, mais six travailleurs."

Coszack raconte ses malheurs. "Sorti après sept ans de prison, je n’avais droit ni au chômage ni au CPAS. Mais soyez sûr que je tenais à tout faire dans les règles. J’ai lancé cette société Impressionne-Moi à Charleroi, qui s’occupe de flyers et de cartes de visite. Puis, j’ai repris la discothèque Pink Diamond. Après le grand succès de la soirée d’ouverture, j’étais certain que ça allait vraiment marcher. Cela n’a pas été le cas. Je sais que je suis toujours redevable de plusieurs rémunérations. Mais arrêtons de penser que je roule dans des grosses voitures."

Pour le condamner à trois ans ferme par défaut lundi passé, le tribunal de Charleroi retient les "nombreux et lourds antécédents judiciaires (de Coszack) en matière financière et sociale (témoignant) d’un mode de fonctionnement frauduleux depuis de nombreuses années sans tenir compte des avertissements reçus, et donc d’un profond mépris pour les autorités."

Mégastar des tribunaux depuis les années 2000 (DH des 20 janvier 2005, 28 juin 2012, 3 juillet 2012, 28 juin 2013, 12 mai 2017) Stéphane Coszack, 38 ans, n’est donc plus condamné pour escroquerie, mais pour "non-paiement de rémunérations" et "avoir mis obstacle à la surveillance de l’inspection sociale".

La nuance importe peu aux jeunes femmes et jeunes gens qui attendent depuis des mois d’être payés comme il se doit pour avoir travaillé pour lui. "Je n’ai pas peur de la prison. J’y ai déjà fait sept ans. Si, rejugé, je suis condamné à moins de trois ans, je peux déjà être libre après 25 jours, à l’appréciation du directeur, ou alors m’en sortir avec le bracelet électronique. Mais la Belgique, c’est fini pour moi. La Poste, les banques, je suis signalé partout. Je ne fuis pas mais je n’ai plus de perspective en Belgique. C’est pour cela que je me trouve à Lille."