Faits divers Les familles des victimes sont sidérées par cette justice qui considère les faits comme un banal accident

La route des Barrages à Walcourt à été le théâtre d’un double accident mortel, le 11 juillet 2015.

Medhi, un habitant de Froidchapelle né en 1972, a pris le volant de sa Citroën C5 avec 2,36g d’alcool/litre de sang. Dans un virage, il a empiété d’1 mètre 10 sur l’autre bande et a percuté de plein fouet une VW Polo qui circulait en sens inverse provoquant la mort de Grégory Herbinia, 28 ans, et Mélanie Berardo, 24 ans. "Une troisième voiture, une Golf, a été impliquée dans l’accident. Le prévenu roulait selon une expertise entre 92 et 113km/h tandis que le véhicule des victimes roulait beaucoup moins vite. Ils l’ont visiblement vu arriver sur leur bande et il y a d’ailleurs eu un coup de volant mais dans leur position, il leur était impossible d’échapper à l’accident", commente le parquet de Namur.

Poursuivi devant le tribunal de police, Medhi a été condamné pour ces faits en décembre 2016 à deux ans de prison avec sursis de 20 mois, 6.000€ d’amende avec sursis partiel, un an de déchéance du permis de conduire et l’obligation de repasser tous les examens du permis de conduire. Un jugement trop clément qui a conduit le parquet de Namur à faire appel.

Ce mardi matin, le tribunal correctionnel de Dinant a confirmé en tout point ce premier jugement, estimant qu’il était "légal et adapté à la gravité des faits."

Une décision incompréhensible pour les familles des victimes présentes lors du prononcé. "On l’a vu sortir complètement soulagé comme si de rien n’était. Cette justice donne comme message : ‘Buvez, conduisez et tuez’. Quelqu’un qui aurait percuté un poteau aurait eu ce même genre de peine. Il n’y a dans ce jugement aucun sentiment de punition et on a l’impression qu’il s’agit d’un banal accident de la route. On sait qu’une peine plus forte ne nous rendra pas nos enfants mais on aurait au moins souhaité moins de sursis. Les quatre mois de prison, il ne les fera pas. Trois mois de déchéance vu le sursis, c’est trop peu. La justice n’ est pas faite pour les victimes."


Se consacrer à la sensibilisation

Le volet judiciaire étant désormais clôturé, les familles des victimes vont se consacrer à l’ASBL Greg et Mel qu’ils ont récemment créée.

Leur objectif est de mener des campagnes de sensibilisation dans les écoles et autres lieux festifs. "On aimerait aller dans des festivals par exemple, pour sensibiliser les gens à la problématique de l’alcool. Pour cela, on a besoin de matériel comme des lunettes de simulation d’alcoolémie", commente Gérald Herbinia, le papa de Gregory.

L’association souhaite aussi s’attaquer au secteur Horeca afin que les boissons sans alcool soient davantage mises en valeur et accessibles financièrement.

Enfin, ces parents aimeraient que leur triste histoire serve à sensibiliser des personnes faisant l’objet de condamnation en matière d’alcoolémie ou à rencontrer d’autres familles de victime.