Faits divers Un dîner festif en polo blanc a été perturbé par une altercation entre anciens amants au Golf des Sept Fontaines.

La querelle est somme toute banale, le lieu où elle a pris place l’est un peu moins…

Le Golf Club des Sept Fontaines à Braine-l’Alleud, avec son château, son parc et sa forêt privée, n’est probablement pas connu pour des bagarres qui y dégénèrent, plutôt pour son Club House chic, auquel ont accès ceux qui peuvent s’acquitter d’une cotisation annuelle de quelque 2.000 euros.

Le 21 juillet 2015 pourtant, lors d’un somptueux dîner à l’occasion de la fête nationale, où étaient conviés les membres et leurs familles, un canif suisse sorti du sac à main d’une invitée a fini dans le torse d’un homme et le langage châtié s’est même perdu dans les menaces de mort qui ont fusé.

La scène s’est rejouée au tribunal correctionnel de Bruxelles mercredi soir, devant lequel Valérie R. se voit désormais devoir répondre de tentative de meurtre. Elle s’est expliquée face au juge Olivier Bastyns.

Ce jour-là, elle accompagnait à ce dîner son mari, membre du club, pensant passer tout simplement un agréable moment dans le superbe cadre du Golf des Sept Fontaines. Mais soudain, elle a aperçu parmi les convives un homme qu’elle ne s’attendait pas à voir…

Un homme qu’elle n’avait plus vu depuis des années, le père de sa fille de 19 ans, dépressive depuis que ce dernier a coupé tout contact avec elle.

De mauvais souvenirs sont d’un seul coup remontés en elle et Valérie R. a décidé d’interpeller son ex-compagnon. "Je lui ai dit : ‘Tu devrais absolument parler à ta fille’ et il m’a répondu : ‘Je n’ai rien à voir avec toi.’ Il m’a ensuite saisie au niveau des épaules, je me suis débattue et j’ai sorti un canif de mon sac. J’ai ensuite esquissé un mouvement circulaire avec, pour me défendre, pour l’éloigner."

La version de la victime, Gérard F., ainsi que celle de témoins, n’est pas la même. "Elle est venue vers moi, m’a agrippé par le col de ma chemise et m’a dit : ‘Appelle ta fille pour lui dire que tu la détestes.’ Puis elle m’a planté le canif dans le torse et j’ai remarqué que ma chemise était déchirée."

La procureure a estimé que les faits doivent être qualifiés de tentative de meurtre et a requis une peine de 4 ans de prison avec sursis à l’encontre de Valérie R. Elle a également requis 20 mois de prison avec sursis à l’encontre du mari de celle-ci qui, après l’altercation, a proféré des menaces à l’encontre de Gérard F. " S’il porte plainte je lui ferai la peau", avait-il dit, selon des témoins.

Le conseil des deux prévenus, Me Antoine Leroy, a quant à lui plaidé l’absence d’intention homicide et le crime impossible. Selon lui, l’objet utilisé n’aurait jamais pu causer la mort.