Terrorisé, Fawzi s’est pendu en cellule

D. Ha. Publié le - Mis à jour le

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Faits divers

Fawzi s’est pendu au commissariat. Il livre son témoignage : “J’ai préféré me tuer avant qu’ils ne le fassent eux-mêmes”…

IXELLES Fawzi, 22 ans, a tenté de se suicider dans l’une des cellules grillagées du commissariat d’Ixelles jeudi après midi dernier.

Comment a-t-il bien pu en arriver là… au commissariat ? Au préalable, Fawzi avait été interpellé à la suite d’un contrôle à proximité des Étangs d’Ixelles. Il était alors juste passager dans le véhicule d’un ami, Rachid. Ce dernier est connu des services de police pour des vols et est déjà passé par la case prison. Les policiers procèdent donc à une fouille approfondie du véhicule et tombent sur un GPS. C’est à ce moment-là qu’ils demandent à Rachid de justifier sa provenance. Rachid, sûr de son bon droit (le GPS ne serait pas volé), ne s’exécute pas. S’engage alors illico un détour par le poste de police d’Ixelles, sis rue du Collège.

Arrivés sur place, les policiers vérifient si leurs GSM et le GPS sont réellement volés. “Nos GSM n’étaient pas volés et le GPS n’était pas non plus signalé comme volé , précise Fawzi. Les policiers ont donc ensuite appelé leur supérieur pour savoir s’ils pouvaient nous relâcher. Celui-ci a demandé à Rachid à qui était le GPS, mais il n’a pas voulu lui répondre et lui a mal parlé…

Fawzi et son ami volent donc en cellule sur ordre du supérieur qui rétorque à Rachid : “Si c’est comme cela, je vous prive de votre liberté” , relate Fawzi. On lui enlève ses chaussures et, même, son pull à capuche qui comporte un cordon… Les policiers font fi des supplications de Fawzi qui explique ne pas comprendre pourquoi il fait aussi l’objet de cette mesure, lui qui ne s’est à aucun moment montré agressif. La porte se referme brusquement, cognant sur sa tête. Le jeune homme commence à se sentir mal et à vomir quelques instants plus tard. Il demande à être examiné par un médecin.

Deux autres policiers, un homme et une femme, l’embarquent vers l’hôpital d’Ixelles. Le médecin se veut rassurant et leur dit que Fawzi est en pleine forme. “Bingo, je savais que tu faisais la comédie” , s’est alors entendu dire Fawzi, qui pleurait… Retour au commissariat, le jeune homme explique avoir reçu une gifle du policier masculin et un coup de genou dans les côtes de la part de sa collègue à la sortie du véhicule… avant d’être jeté à nouveau au cachot. Sans qu’on ne lui enlève cette fois quoi que ce soit. “Ces policiers m’avaient bien fait comprendre que le calvaire était loin d’être fini pour moi…” , assure Fawzi. Terrorisé et désespéré, le jeune homme se pend à l’aide de l’un de ses lacets aux barreaux une quinzaine de minutes plus tard… “J’ai préféré me tuer avant qu’ils ne le fassent eux-mêmes” , confie-t-il. C’est finalement Rachid qui entendra les suffocations de son ami depuis sa cellule. Alertés, les policiers réussissent à le détacher à temps. Il est reconduit vers l’hôpital, mais par une autre patrouille. À nouveau, le médecin juge qu’il n’y a pas lieu de le garder en observation. Retour au poste, un supérieur l’interroge sur les raisons qui l’ont poussé à se suicider et la police des polices arrive au beau milieu de l’entretien pour auditionner Fawzi. Il sera alors emmené dans un autre commissariat et réauditionné par les hommes du comité P.

La substitute du procureur du Roi a également entendu Fawzi et, en sa qualité d’officier de police judiciaire, a repris les faits que nous vous contons dans un pro justitia en ajoutant avoir “constaté que Fawzi était en état de choc et particulièrement désemparé par l’attitude des policiers” .

© La Dernière Heure 2012

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