Faits divers

La cour d'assises du Hainaut s'est penchée, mercredi matin, sur la personnalité de Johan Guilbert, accusé du meurtre de Ludovic Neyts, commis le 29 janvier 2012. 

Tout comme la victime, l'accusé présente une double facette, selon des témoins de moralité. L'homme gentil et courageux peut aussi se montrer possessif et jaloux, et même très violent ou provocateur sous l'influence de l'alcool. Selon la police judiciaire, aucun élément dans le dossier ne permettait de conclure que les deux hommes se connaissaient. Selon la police judiciaire, l'accusé a eu une enfance malheureuse mais n'a manqué de rien. "Des quatre enfants, c'est celui qui a subi le plus d'humiliations de la part de son père", d'après un policier. Un élément confirmé par la mère de l'accusé, elle-même victime de violence conjugale. Cette dame qualifie son fils de "généreux et courageux". Selon la compagne de l'accusé, celui-ci a beaucoup souffert de la violence exercée par son père à son égard.

Une violence que l'accusé a parfois lui aussi exercée sur sa compagne, selon la mère de cette dernière. La belle-soeur de l'accusé confirme cette violence dont elle fut également victime. "Pour peu qu'il était contrarié, il devenait violent." Le beau-père de l'accusé ajoute que l'accusé "était très violent".

"Il explosait vite, c'était une bombe humaine", confirme un autre témoin qui a assisté à une scène de violence sur une brocante lorsque l'accusé avait été quitté par son amie. Une ex-compagne de l'accusé prétend par contre que ce dernier n'a jamais usé de violence à son égard, bien que l'accusé trainait une réputation de "bagarreur" quand il était étudiant.

Très attaché à sa famille, Johan Guilbert "n'est pas du genre à se laisser faire ou à s'écraser", selon sa compagne, ajoutant qu'il est aussi "moqueur". Véritable tombeur avec les filles, autre point commun avec la victime, Johan Guilbert est aussi très possessif.

Au sujet de l'agression qui fait l'objet du procès, la compagne de l'accusé pense que si celui-ci a réagi de la sorte, "c'est parce qu'il avait été agressé". Son père, qui le qualifie de "courageux" car il n'a jamais été sans emploi, prétend qu'il a toujours soutenu qu'il n'avait pas poignardé la victime. A l'inverse, d'autres témoins de moralité ont entendu dire que Johan Guilbert était l'auteur du coup de couteau mortel.

La soeur aînée de Johan Guilbert a raconté que l'accusé lui a juré qu'il n'avait donné que des coups de pied à la victime, et que celle-ci "serait tombée sur son couteau". L'avocat général note qu'il tient un double discours car il avait insinué que son beau-frère avait peut-être porté le coup de couteau. "On ne pose pas de question de culpabilité à un témoin de moralité", a noté l'avocat de la défense.

Enfin, un témoin de moralité, actuellement détenu en France, prétend que l'accusé, son cousin, s'est confié à lui et lui a avoué le coup de couteau mortel porté à Ludovic Neyts. Un fait qui lui aurait également été confirmé par la compagne de Johan Guilbert. L'ami d'enfance de ce dernier, avec lequel il faisait les 400 coups dans les cités, ajoute que l'accusé était pressé de lui vendre une veste "afin de brouiller les pistes". Ce témoin prétend que l'accusé est capable d'avoir porté un coup de couteau à la victime, mais pas son beau-frère Jean-Michel B. "qui n'aime pas les histoires et qui prend la fuite pour éviter les problèmes".

Pour la défense, le témoignage d'un toxicomane notoire, "qui s'est montré très loquace avec la police malgré le fait que cela n'entre pas dans les habitudes de cet homme bien connu de la justice", ne doit pas être pris en compte car "l'accusé conteste s'être confié à cet homme", a martelé Me Lauvaux.