Faits divers 6.115 faits relevés en 2004 par l'Inspection des lois sociales

BRUXELLES «L'emploi dans la construction est menacé par l'afflux d'une main-d'oeuvre étrangère, principalement est-européenne. La construction est vulnérable dans notre pays, où les charges salariales sont très élevées.» Le constat est dressé par la Confédération de la construction. Un secteur fortement touché. Selon une estimation fiable du secteur, 20% des travaux de construction seraient réalisés en noir. Mais selon les chiffres d'activité de l'Inspection des lois sociales, l'Horeca ou le commerce de détail sont encore davantage gangrenés par les emplois illégaux, qui faussent la concurrence, pénalisent les commerçants honnêtes.

Ce sont surtout deux grands services qui luttent ensemble contre le travail au noir: l'Inspection sociale (ministère de la Sécurité sociale) et l'Inspection des lois sociales (ministère de l'Emploi). Les données 2004 du second service sont connues.

L'an passé, l'Inspection a constaté 6.115 irrégularités. Un chiffre assez comparable aux années antérieures: 6.174 en 2002, 6.238 en 2003. Les secteurs les plus touchés (ou les plus surveillés...) sont l'Horeca, avec 2.408 irrégularités, et le commerce de détail (584 faits). Suivent la construction (567), le transport (282), l'agriculture/horticulture (258), le commerce en gros (202), les garages (148), le nettoyage (96) ou la confection (7).

Ces faits concernent essentiellement des infractions aux documents sociaux, des occupations d'étrangers illégaux ou des problèmes de temps partiels non respectés.

A l'échelle du pays, selon le ministère de l'Emploi, le phénomène du travail illégal pèse aujourd'hui entre 10 et 20% du produit intérieur brut.

L'essentiel des contrôles renforcés depuis 2001 sont axés sur les secteurs à risques, comme les restaurants exotiques, l'agriculture, l'horticulture, le nettoyage, la rénovation, la récupération de déchets ou la prostitution, secteurs où le risque de réelle traite des êtres humains est plus grand.

Pour les employeurs (patron ou simple particulier), les amendes pour l'utilisation d'un travailleur non déclaré commencent à 2.500 euros (jusqu'à 12.500 euros), multipliées par le nombre de travailleurs en noir. Une peine de prison est aussi possible: entre 8 jours et 1 an.

© La Dernière Heure 2005