Faits divers Une heure avant l’incendie, le père avait dit qu’il voulait la garde des enfants.

Ce sont des faits de triple infanticide qui, il y a quelques années, auraient été jugés par une cour d’assises. Ce sera le tribunal correctionnel. Ainsi en a décidé la chambre des mises en accusation. Cela ne sera pas sans influence sur la peine maximum : 30 ans de prison au lieu de la réclusion à perpétuité.

Le procès de cette mère, aujourd’hui âgée de 37 ans, s’ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Sonja Thioro Mbow répond de l’assassinat de trois de ses quatre filles, Oumy, Abbygail et Madyson, âgées de 2, 4 et 6 ans. L’aînée, 8 ans et issue d’un précédent mariage, a échappé au carnage : elle était partie seule à l’école au petit matin.

Les faits datent du 11 février 2015. Il est environ 11 h 30. Les pompiers interviennent pour un sinistre dans la dépendance d’une habitation, Zwartenbroekstraat à Lennik. Sur un matelas consumé dans un bureau, ils découvrent trois petits corps carbonisés recroquevillés les uns sur les autres. Un pompier expliquera ainsi que les cadavres étaient comme de petites poupées.

L’origine criminelle du sinistre ne fait pas le moindre doute. Sonja Thioro Mbow, aujourd’hui âgée de 37 ans, reconnaît d’emblée avoir déclenché l’incendie qui a touché l’annexe de la maison qui avait été aménagée en bureau. Elle affirme qu’elle a agi par colère envers son compagnon et père des trois enfants. Moins d’une heure avant l’incendie, elle avait reçu la visite d’un huissier qui lui avait remis un pli de son compagnon. Celui-ci voulait qu’elle quitte la maison et indiquait qu’il demanderait la garde exclusive de leurs trois enfants.

Si elle reconnaissait l’incendie volontaire, Sonja Thioro Mbow expliquait qu’elle ignorait que les enfants se trouvaient dans cette pièce. Elle voulait, disait-elle, seulement brûler les documents de son mari. Selon ses dires, quand elle avait entendu les cris de ses enfants, elle aurait voulu les sauver mais il était trop tard.

Cette version a été mise à mal par les constats effectués par les enquêteurs. Ils ont ainsi montré que le feu a été bouté au matelas sur lequel ont été retrouvés les corps des trois fillettes. Les analyses toxicologiques pratiquées sur les petites victimes ont mis au jour des traces de lorazepam, un anxiolytique qui peut provoquer de la somnolence.

Les relations au sein du couple étaient compliquées. Sonja Thioro Mbow a connu des problèmes d’alcool. Le père des enfants s’est constitué partie civile. Mais il soutient toujours sa femme, à qui il rend visite en prison.