Faits divers Assises de Bruxelles: il tue sa femme. Elle avait refusé la moitié de son fruit

BRUXELLES La cour d'assises de Bruxelles entamera lundi le procès de Roger Lengelez, un homme de 71 ans qui, le 19 janvier 2003, a abattu sa femme Elisabeth Metternich au cours d'une dispute conjugale. Le procès se déroulera en néerlandais, fait relativement rare pour des assises à Bruxelles.

C'est la petite-fille du couple, âgée de 28 ans, qui avait découvert, le lendemain midi, le corps de sa grand-mère gisant à moitié dévêtue dans une flaque de sang, dans le hall d'entrée de son habitation, avenue Van Elderen, à Auderghem.

Le mari de la victime avait encore un pistolet en main. Sa petite-fille lui alors demandé de ne pas lui faire de mal, ce à quoi le septuagénaire a répondu: «A toi non, mais bien à ta mère.» La jeune femme a alors pris la fuite et averti les urgences.

Un escadron spécial d'intervention est descendu sur les lieux pour maîtriser Roger Lengelez.

Le meurtrier a avoué avoir tué sa femme la veille: il avait proposé une poire à sa femme, mais cette dernière avait refusé de partager le fruit avec lui. La dispute qui a suivi a dégénéré. Roger Lengelez a frappé son épouse à la tête en se servant d'une bouteille, puis l'a encore frappée à terre et enfin étouffée.

Le vieil homme a ensuite transporté le corps de son épouse dans le hall d'entrée, afin que les voisins ne puissent le voir. Il a encore essayé de retirer les vêtements de sa femme avant de l'abandonner ainsi, nettoyant au passage les traces de sang.

Le lendemain matin, Lengelez est monté au grenier chercher une arme à feu, décidé à se suicider. Selon ses dires, il a pensé aussi à assassiner sa fille unique.

Roger Lengelez avait connu Elisabeth Metternich pendant son service militaire en Allemagne. Ils étaient mariés depuis 47 ans. Les mois précédant le drame, les disputes ne cessaient de s'enflammer au sein du couple, notamment parce que Elisabeth passait trop de temps chez une voisine, aux yeux de son époux.

Elisabeth partait en outre chaque mois en Allemagne pour rendre visite à son frère, qui souffrait d'une maladie au stade terminal.

Elle partait sans prévenir son époux. Les enquêteurs ont retrouvé, au domicile de Lengelez, un mot en allemand écrit par la victime: «Ich besuche meinen Bruder» (Je vais voir mon frère).

Deux jours après le crime, Roger Lengelez était placé sous mandat d'arrêt. Il est resté quatre mois en détention préventive avant d'être remis en liberté conditionnelle. Il a été accusé d'homicide.

Me Vic Van Aelst assurera la défense de l'accusé, tandis que l'avocat général Verbeelen représentera le ministère public.

© La Dernière Heure 2004