Faits divers Le procureur général Christian de Valkeneer répond au célèbre avocat qui prétend connaître la vérité sur les tueries.

"Il y a un point sur lequel je pense que Me Vermassen a raison", réagit le procureur général De Valkeneer en charge du dossier des tueries du Brabant. "Je pense aussi que certains qui connaissent la vérité ou des éléments utiles à la vérité, gardent encore le silence. On est parfois surpris du mutisme que certains qui ont occupé des fonctions d’une certaine importance observent alors qu’ils ont d’excellents souvenirs. Je prendrai cette image : ils vous disent ne pas se rappeler de la teneur d’une conversation mais ils vous diront qu’il y avait 4 cm de crème fraîche sur le gâteau. Des personnes qui occupaient des fonctions d’une certaine importance gardent le mutisme sur ce qu’elles savent, oui, c’est ma conviction".

Dimanche soir, l’avocat (ténor en Flandre) Jef Vermassen affirmait que la" vérité se trouve dans le dossier". "Peut-être, réagit Christian De Valkeneer. Il est possible en effet que les noms (des tueurs) se trouvent dans le dossier. Possible".

Le procureur général bondit par contre quand Me Vermassen prétend que "la vérité est connue depuis longtemps et gardée secrète."

Réponse de Christian De Valkeneer : "Tous les magistrats et enquêteurs de ce dossier que j’ai rencontrés n’avaient qu’une envie : découvrir la vérité. Le jour où nous pourrons annoncer quelque chose de solide sera un très beau jour. Dire qu’on ne veut pas trouver la vérité, imaginer des pressions pour empêcher d’aboutir, c’est totalement absurde".

Ensuite, Me Vermassen ajoute : "Je pense que je sais qui se cache derrière les tueurs du Brabant" : "Je lance un appel à Me Vermassen. Qu’il vienne chez Mme Michel (la juge d’instruction en charge à Charleroi). Qu’il vienne dire ce qu’il sait".

Chacun peut observer que Me Vermassen fait cette sortie en présentant son dernier livre. Argument de vente ? Cela n’a pas échappé à Christian De Valkeneer : "Je suis interpellé par la coïncidence avec la sortie de son livre".

Enfin : Jef Vermassen demande que la prescription soit prolongée de dix ans.

De sa part, une incroyable méconnaissance du dossier ? Le grand avocat semble ainsi ignorer que la prescription a en fait été prolongée de dix ans en… novembre 2015.

"À moins que Me Vermassen se place déjà en 2025 et demande à re-prolonger de dix ans, jusqu’en 2035", s’interroge le procureur général de Liège.