Faits divers Avec la fédéralisation de l’enquête, les victimes ont bon espoir pour la suite.

L’enquête continue dans l’affaire des tueries du Brabant, nom donné à cette série de crimes et de braquages sanglants qui s’est tenue au milieu des années 80. Au moins 28 personnes ont perdu la vie sans que jamais les auteurs n’aient été retrouvés.

Suite à la fédéralisation du dossier, deux séances d’information complémentaires pour les victimes ont été organisées par la cellule victimes du parquet fédéral, à Charleroi hier et à Termonde vendredi dernier. "Menée historiquement par le parquet de Charleroi et celui de Mons, l’affaire a intéressé le parquet fédéral : en octobre 2017, il est venu apporter son expertise nationale et ajouter des éléments au dossier. Et il a même repris l’entièreté à sa charge le mois passé, en février" , explique l’avocat Johan Heymans du cabinet Van Steenbrugge Advocaten, présent à une de ces réunions. La juge d’instruction carolo Martine Michel reste cependant aux commandes de l’enquête.

Durant ces deux sessions d’information, rien n’a été avancé sur le fond du dossier. Mais on sait par contre que l’équipe des enquêteurs va se renforcer : quatre magistrats fédéraux, deux pour l’enquête et deux pour le suivi des victimes, et un team de policiers et d’experts en criminologie qui va passer de 10 à 30 personnes dans le courant du mois. "Ils ont aussi annoncé qu’ils allaient suivre une nouvelle stratégie, qu’ils n’ont pas voulu détailler bien sûr, mais qui nécessite une plus grosse équipe. Nos clients ont d’ailleurs été réentendus il y a quelques semaines."

Point négatif de ces deux réunions selon Johan Heymans : l’aide aux victimes n’est pas encore tout à fait au point. "On leur a par exemple expliqué comment ils pouvaient se porter partie civile, alors que la plupart d’entre eux l’ont déjà fait il y a vingt ans" , continue l’avocat gantois. "Je pense que ça a été fait un peu vite, mais on voit que le parquet fédéral veut avancer. Ça leur a surtout permis de détailler la fédéralisation de l’enquête, parce qu’on n’avait reçu que 2 ou 3 lignes dans un courrier jusqu’à présent."

Rien, par contre , n’a encore été avancé sur d’éventuelles compensations financières que pourraient recevoir les victimes et les avocats. "Le ministre avait annoncé qu’il allait mettre un projet en place, mais pour l’instant, ça n’a pas l’air d’avoir avancé. Je sais que le procureur flamand était déçu que la cellule financière ne soit pas là."