Faits divers

Les femmes n'utilisent pas habituellement un couteau, mais plutôt le gaz ou l'intoxication, selon le professeur Marc Ansseau

LIÈGE En quelques minutes, la vie d'une famille de Nivelles a basculé. À tête reposée, le geste peut paraître difficilement compréhensible. Il faut toutefois en prendre toute l'ampleur tant pour la famille que pour que cela ne se reproduise plus... si possible. "C'est un acte dramatique qui peut correspondre à de nombreuses motivations. Toutefois, les suicides et les homicides altruistes se déroulent souvent à la suite d'un acte d'une mère qui trouve que la vie est insupportable. Elle pose un tel geste envers ses enfants pour ne pas que ceux-ci souffrent dans une telle vie. Elle veut les protéger par rapport à cette vie ." Le professeur Marc Ansseau, du département des sciences cliniques, psychiatrie et psychologie médicale, de l'ULg, fait remarquer la gravité du geste. Il n'en a pas vu souvent de cette ampleur : "Ce sont en général des mères qui sont très dépressives et qui tentent de se suicider après."

Parfois, les mères survivent à leurs blessures : "Elles souffrent alors de la réalité du geste qu'elles ont posé. Elles vivent avec cette culpabilité."

Un suivi pour les membres de la famille

Après un tel acte, le mari et les membres de la famille se retrouvent devant des faits indescriptibles... inimaginables même. Comment peuvent-ils comprendre ce qui vient de se passer ? Comment vivre après ? "Chacun va devoir percevoir cela. Ce sera très difficile. Les personnes survivantes de la cellule familiale devront vraisemblablement être prises en charge. Cela peut les aider à répondre à leur douleur. Il faut les aider à poser des mots sur ce qui s'est passé."

On peut également s'étonner de l'utilisation d'un couteau dans le chef d'une femme... pour tuer ses propres enfants. L'arme blanche n'est en effet pas le premier moyen choisi par une femme pour attaquer un individu. "Loin de là, les femmes utilisent plus facilement, dans ce genre de situation, du gaz ou une méthode d'intoxication. Cela peut être une intoxication médicamenteuse notamment."

Pourquoi les femmes posent-elles si peu d'actes avec un couteau ? "Il s'agit d'une arme blanche qui demande une certaine violence. Il y a en outre un aspect sanguinolent. L'acte violent est plus souvent celui d'un homme. Les moyens utilisés par les hommes et les femmes dans ce type de situation sont très différents."

Les enquêteurs vont sans doute mieux comprendre les raisons du drame dans les prochaines heures.



© La Dernière Heure 2007