Faits divers Deux jeunes de 13 et 16 ans s’en sont pris gratuitement à un ado.

La cour de l’école communale de la rue François Reconnu à Montignies-sur-Sambre est jonchée de déchets. Sur le sol, on aperçoit les projections d’un extincteur, vestiges de l’incendie qui s’est produit mardi soir. Selon la police locale et le parquet de Charleroi, S., un gamin de 13 ans, a été pris à partie par deux autres mineurs. Ceux-ci l’auraient enfermé dans une grande poubelle métallique avant de bouter le feu aux papiers. Ce n’est que grâce à l’intervention d’un camarade que le jeune ado a pu se libérer, au lieu de griller vif.

Lors de notre arrivée sur place, ce mercredi, un attroupement s’était formé sur ce que les jeunes du coin appellent le petit mur, juste devant la cour de l’école. S., la victime, fait partie des protagonistes. De son agression, ce petit blondinet taiseux ne conserve qu’une griffure à la jambe. Lorsque l’on sollicite son témoignage, il est aussitôt menacé par un jeune, majeur celui-là. "Il ne s’est rien passé ici. Il n’a rien à dire", nous lance-t-il, tentant de faire pression avant de se poster un peu plus loin, en observant les faits et gestes du gamin.

À l’écart, S. confirme qu’il a bien été jeté dans la poubelle. "Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. Ils l’ont bloquée avec une barrière et un vélo pour que je ne puisse pas sortir. Aujourd’hui, ils veulent faire croire que je m’y suis mis tout seul et que j’ai allumé le feu tout seul. C’est n’importe quoi", ajoute-t-il discrètement. Sa maman, choquée par les événements, confirme qu’elle fait aussi l’objet de menaces depuis les faits : "Je tiens la boulangerie depuis trois ans. J’en ai surpris à voler dans les rayons alors je les ai chassés. Peut-être que c’est pour cela qu’ils nous en veulent. Depuis que mon fils a été agressé et que les deux auteurs ont été embarqués par la police, les jeunes de la cité viennent me menacer. Ils disent que s’ils sont emprisonnés, ça finira mal."

Et de fait, alors que l’interview s’achève, deux jeunes passent la tête dans la boulangerie, sous un faux prétexte. Leur présence est aussitôt ressentie comme une pression. Et lorsque nous sortons, ils nous alpaguent : "Hé chef, viens écouter notre version. Elle raconte n’importe quoi. Elle veut juste se débarrasser de nous parce qu’on traîne devant son commerce. C’est son gamin qui s’est mis dans la poubelle, puis qui a bouté le feu. Quand la police est arrivée, il a accusé les deux jeunes. Franchement, ce sont de bons gars. Ils sont les premiers à aider les personnes âgées à porter leurs sacs."

Le parquet ne l’a pas vu de cet œil et a renvoyé les deux jeunes de 13 et 16 ans devant le juge de la jeunesse. La sanction sera connue ce jeudi.