Faits divers Un an après les attentats du 22 mars, les enquêteurs n’ont pas chômé. Mais il reste tant de zones d’ombre à éclaircir…

Personne n’est capable, aujourd’hui, d’estimer la date d’un futur procès des attentats de Bruxelles, ni même la forme qu’il prendrait. Car il reste des interrogations à éclaircir et des problèmes à régler. En voici une liste.

Le rôle d’Ousama Atar

Cet homme de 33 ans, originaire de Laeken, est le cousin des frères El Bakraoui, kamikazes des attentats du 22 mars à Bruxelles et logisticiens des attaques du 13 novembre 2015 à Paris. Les enquêteurs estiment, sur procès-verbal, que c’est cet ancien pensionnaire des prisons irakiennes qui a radicalisé sa propre famille, et notamment ses cousins El Bakraoui, fascinés par ce héros de la cause, resté neuf années en Irak. Selon CNN, Atar a réussi à revenir en Belgique cet été, au moment où de nombreuses perquisitions étaient menées dans sa famille. Les enquêteurs français pensent qu’Atar est le fameux Abou Ahmad, donneur d’ordre des attentats de Paris depuis la Syrie. Les autorités belges en sont moins certaines. L’homme est toujours activement recherché.

Padre est-il le patron ?

Les écoutes de la cellule de Verviers ont permis de savoir qu’Abdelhamid Abaaoud, figure centrale du réseau qui a conduit les attentats de Paris et Bruxelles, prenait ses ordres auprès d’un certain Padre. Het Laatste Nieuws, avec La DH, ont révélé en janvier que cet homme n’était autre qu’un Molenbeekois, nommé Dniel Mahi et parti vers la Syrie le 20 janvier 2014, en compagnie des frères Abaaoud. Il est soupçonné d’être l’un des instigateurs de la cellule franco-belge.

Ce que n’a pas dit Abrini

En tant qu’homme au chapeau de l’aéroport de Zaventem, qu’il a avoué être, Mohamed Abrini est probablement la figure centrale parmi les survivants de la cellule franco-belge arrêté par la police. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans les deux attentats. Il était parti en Syrie quelques jours à l’été 2015, prétextant des vacances en Turquie. Arrêté en avril 2016 après des mois de cavale, il affirme, selon nos informations, n’avoir jamais eu l’intention de se faire exploser, comme ses congénères. De ses futures dépositions dépendra une partie de l’enquête.

Comment régler les dossiers belges et français ?

C’est le cheval de bataille de Stanislas Eskenazi, l’avocat belge de Mohamed Abrini. Du fait que les attentats de Paris et Bruxelles relèvent du même groupe criminel, agissant sur les mêmes ordres, il estime qu’il ne doit être jugé qu’une seule fois. Me Eskenazi estime impossible que M. Abrini soit jugé deux fois pour les mêmes faits. L’argument s’entend sur le plan du droit. Reste à savoir si, sur le plan politique, la Belgique acceptera que son attentat soit jugé en France, où que la France accepte l’inverse. Cela paraît peu concevable pour l’opinion publique.

Alkhald, le fugitif majeur

Le rôle précis de ce Syrien a été révélé début mars par La Libre et La DH. L’ADN du soi-disant Ahmad Alkhald, originaire d’Alep, a été retrouvé sur les gilets explosifs des frères Abdeslam, ainsi que dans les planques de Charleroi et Auvelais. Il a ensuite rejoint la Syrie le 16 novembre 2015, soit trois jours après les attentats de Paris. Il est également établi que Najim Laachraoui, kamkikaze de Zaventem et artificier, a tenté de le joindre depuis la planque de Schaerbeek pour des conseils. Il est aujourd’hui établi que cet Alkhald est l’artificier en chef de la cellule. Il est probablement toujours en vie.

Cheffou : c’est quoi le problème ?

Il est l’une des figures de la traque des auteurs des attentats, sans être impliqué dedans, même s’il est toujours inculpé. Depuis les faits, Fayçal Cheffou, qui se présente comme journaliste activiste, a été arrêté cinq fois en un an. Il a fini par déposer une plainte pour harcèlement, visant la police. Cheffou avait, un temps, été soupçonné d’être l’homme au chapeau de l’aéroport de Zaventem. Son identité avait été donnée dans les médias, lui causant un tort important.

Pouvait-on éviter les attentats ?

L’enquête a établi que la véritable cible de la cellule était le championnat d’Europe de football en France, en juin et juillet 2016. Mais la mort du vétéran du djihad Mohamed Belkaïd, le 15 mars dans la planque de la rue du Dries, à Forest, puis l’arrestation de Salah Abdeslam, trois jours plus tard, ont précipité les faits et forcé les terroristes à frapper leur base de repli : Bruxelles. Les testaments enregistrés sur l’ordinateur retrouvé dans une poubelle en contrebas de l’ultime planque schaerbeekoise des terroristes ont permis de prouver qu’ils se sentaient acculés.