Faits divers Un ancien diplomate belge écope d’un an de prison avec sursis.

Deux agents de renseignement russes ont pu s’établir en Belgique p;ndant plusieurs années et y ont mené leurs activités, grâce à l’intervention d’un diplomate belge, Pol G. C’est en substance ce que retient le tribunal correctionnel de Bruxelles, dans un jugement prononcé jeudi.

Pour des raisons restées plutôt floues, cet homme avait fourni de faux passeports belges mais aussi des informations sur la législation belge en matière de nationalité à des agents secrets russes, dans les années 1980 et 1990.

Les passeports ont permis à deux agents secrets russes de venir "s’immiscer dans un environnement cible", en l’occurrence la Belgique, dans un contexte qui était encore celui de la Guerre froide.

Le 8 septembre 2000 à Ixelles avait lieu un mariage comme tant d’autres dans cette commune de la région bruxelloise, en apparence du moins. Personne ne pouvait imaginer que la mariée, Irène, était en réalité un agent de renseignement russe, infiltrée en Belgique depuis plusieurs années pour y mener des activités d’espionnage, grâce à une certaine complaisance d’un diplomate belge pour l’Est de l’Europe.

Cet homme, Pol G., avait en effet transmis en 1992 deux passeports à un officier des renseignements russes relevant du KGB/SVR, alors qu’il était vice-consul de Belgique à Casablanca au Maroc. Entre 1987 et 1992, il avait multiplié les contacts à Casablanca avec plusieurs individus, notamment Oleg B. Celui-ci s’était présenté comme vice-consul soviétique à Casablanca. En réalité, il était agent de renseignement russe.

Pol G. avait également fourni au successeur d’Oleg B. des microfiches contenant la liste des personnes interdites de visa en Belgique. "Il s’agissait de procurer à des officiers de renseignements russes de faux documents d’identité afin qu’ils puissent s’immiscer dans un environnement cible", a conclu le tribunal.

Pol G. a perçu, pour ce service rendu à la Russie, une somme de 150.000 francs belges à l’époque, soit quelque 3.718 euros. Les deux fameux passeports belges, délivrés le 19 février 1992 aux noms de Pierre R. et de Irène R. B. ont effectivement servi pour "s’immiscer" en Belgique. Et le 8 septembre 2000, la soi-disant Irène R. B. s’est même mariée à Ixelles et a eu deux enfants, lesquels ont acquis eux aussi la nationalité belge.

L’agent secret et sa famille sont ensuite partis vivre en Italie où ils ont obtenu un permis de séjour. D’après les derniers éléments de l’enquête, ils seraient au Brésil.

Des années après les faits, la justice belge vient donc de condamner Pol G. à un an de prison avec sursis et à 6.000 euros d’amende. Âgé de 87 ans et résidant en France, celui-ci n’avait pas fait le déplacement pour se présenter à son procès mais avait mandaté un avocat.

G. P.