Faits divers

Mustapha, délégué syndical, incitait à "tirer sur les flics"et favorisait "l’engagement de non-Belges"

Cela faisait plusieurs semaines qu’un bagagiste de l’aéroport de Gosselies était dans le collimateur de la justice. L’été dernier, à la suite d’émeutes survenues à Berchem-Sainte-Agathe, Mustapha A., qui exerce également la fonction de délégué syndical pour la CSC, s’était épanché sur un site Internet de troc et d’échanges. "Il faut tirer sur les flics avec des snipers et brûler des commissariats", avait-il écrit, ce qui était arrivé sous les yeux des forces de l’ordre.

Vu la fonction de l’intéressé, qui exerce au sein du deuxième aéroport du pays, le parquet de Charleroi a pris l’affaire très au sérieux et a ouvert une instruction pour "incitation à la commission d’attentats terroristes".

La PJF carolo a donc placé Mustapha A. sur écoute, ce qui a permis de découvrir d’autres comportements alarmants. "Ce qui a été découvert, également lors des perquisitions menées chez le suspect, laisse entendre qu’il abusait de sa fonction pour favoriser l’engagement de personnes non belges au sein de l’aéroport", explique le procureur du Roi de division, Vincent Fiasse. "L’auditorat du travail du Hainaut a donc été saisi d’un deuxième volet qui concerne du harcèlement et de la discrimination à l’embauche. Des perquisitions ont été menées au sein d’une société d’intérim proche du BSCA, ainsi qu’au sein des locaux de l’aéroport. Celui-ci n’est aucunement visé par l’enquête, mais il fallait y effectuer des vérifications quant aux engagements réalisés."

Mustapha A. a été écarté de l’aéroport et son badge d’accès désactivé sur ordre du parquet. Le 17 novembre, le suspect a été présenté au juge d’instruction Paul D’Haeyer qui l’a placé sous mandat d’arrêt pour incitation à la commission d’un attentat terroriste, organisation criminelle, harcèlement et discrimination à l’embauche. La chambre du conseil a d’ores et déjà confirmé sa détention pour un mois.

Dès lors, les investigations se sont poursuivies. Et c’est ainsi qu’un second délégué syndical a été interrogé et inculpé pour organisation criminelle et harcèlement. Il aurait lui aussi exercé des pressions sur certains membres du personnel pour favoriser l’engagement de personnes d’origine nord-africaine.

D’autres interpellations pourraient encore intervenir et, vu la gravité des faits, le BSCA a réuni d’urgence un conseil d’administration ce jeudi soir : Jean-Philippe Mayence a été désigné pour se porter partie civile. "Il aura alors accès à des informations pour que nous puissions prendre les mesures nécessaires au niveau de l’aéroport", a noté Jean-Jacques Cloquet, CEO de BSCA.