Faits divers

Un colonel néerlandais a été exhumé pour recevoir les honneurs funèbres militaires près de 400 ans après sa mort lors d'une cérémonie inédite mercredi dans une petite ville du nord des Pays-Bas.

Le colonel Schelte van Aysma a perdu la vie en 1637 pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans, période de révolte des protestants néerlandais qui luttaient pour leur indépendance de l'occupant espagnol catholique. Mais la dépouille de l'officier a fini aux oubliettes pendant des siècles, enterrée sous une imposante pierre tombale dans le sous-sol de la petite église du village de Schetten, dans la région de la Frise.

"Les restes du colonel Van Aysma seront enterrés aujourd'hui (mercredi) avec les honneurs militaires et replacés dans sa tombe récemment restaurée", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'Armée, le capitaine Joost Ploegmakers. Si les circonstances de la mort du colonel ne sont pas connues, il a été établi qu'il été tué pendant le siège de Breda (sud) en 1637, lorsque la ville fortifiée alors détenue par les Espagnols était assiégée par les troupes loyales aux Pays-Bas.

Après des siècles de recherches, le casque du colonel est découvert dans la petite église de Schetten en 2015. L'historien amateur Andre Buwalda repère ensuite une représentation similaire du casque de Van Aysma sur une des pierres tombales qu'abrite le lieu de culte frison.

La tombe est rapidement ouverte et, malgré un effondrement partiel, suffisamment de restes humains sont découverts par les scientifiques pour effectuer des analyses. "Les tests ADN ont confirmé qu'il s'agissait bien du colonel Van Aysma", a indiqué le porte-parole de l'armée. La dépouille du soldat devait être placée dans un nouveau cercueil et "remise dans sa tombe, récemment restaurée", a déclaré M. Ploegmakers.

Il arrive fréquemment que l'armée néerlandaise rende les honneurs aux dépouilles de soldats tombés lors de la Seconde guerre mondiale, mais "inhumer avec les honneurs un soldat de la guerre de Quatre-Vingts ans (1568-1648), un colonel qui plus est, c'est vraiment unique", souligne M. Ploegmakers.